Françoise-Marie fait partie ces gens que l’on ait fier de connaître.
Un jour, alors que nous déjeunions ensemble et que je venais de lâcher le sacro-saint : « quoi de neuf ? », elle me balança, le plus humblement du monde, qu’elle écrivait un bouquin sur Kate Moss. Deux mois s’écoulent alors avant que l’ouverture d’une enveloppe, trouvée sur mon bureau, libère la bible. A la première page : « Cher Pascal, La voilà enfin, cette Kate ! Enjoy ! ». J’ai lu et, fière de connaitre Françoise- Marie, j’ai « enjoy ».
Luxuriant : Dans ton livre, il semble que le mot : « Rock » vole la vedette au mot : « Mode ». Aussi, chaque chapitre porte le titre d’un morceau de rock. La musique est si importante dans la vie du plus grand top model ?
F-M S : L’amour de Kate pour le rock n’est pas une posture. Elle aime passionnément la musique et elle a toujours rêve d’être une rock star. Elle chante des que l’occasion se présente. On l’entend sur une version électro de « Some velvet morning » de ses copains Primal Scream et elle a coécrit quatre titres sur le dernier album de Baby Shambles.
Elle s’invite aussi dans certains clips vidéo je crois ?
C’est quelque chose qu’elle adore. Kate joue son premier rôle, au milieu des années 9(), dans la vidéo du titre : « Dahlias done » de Johnny Cash. Elle y incarne la petite amie de la légende du rock. Plus tard, sa copine Sofia Coppola la met en scène dans la vidéo de : « I just don’t know what to do with myself » de White Stripes. Comme tu vois, elle sait choisir ces collaborations. En 2001, elle apparait aussi dans le clip de Sex with strangers de Marianne Faithfull, sous la direction de Roman Coppola.
Elle monte aussi sur scène quand l’occasion se présente, n’est pas ? J’ai eu la chance de la voire chanter un jour, au Tryptique, a Paris, a l’anniversaire du créateur Heidi Slimane.
Elle adore chanter et elle prend ca très au sérieux. Aussi curieux que ca puisse paraître, sur une scène, on la sent timide. Je pense que cette attitude vient de sa fascination pour les musiciens. Lors d’un récent concert de The Kills et The Gossip, on la vu danser en backstage pendant tout le show. Tu sais, elle continue à aller voire de petits groupes, presque inconnus, dans les clubs de Londres. C’est une vraie fan.
Tu dis qu’il n’existe pas de décalage entre le Kate et les rock stars, peux-tu m’expliquer ?
Absolument, elle les aime et s’en entoure. Elle est pote avec Mick Jones de The Clash, Ron Wood des Stones, Marianne Faithfull, les Red Hot Chilli Pepers, Franz Ferdinand, Jarvis Coker de Pulp, Damon Albarn de Blur, Billy Corgan de Smashing Pumpkins, Beck et beaucoup beaucoup d’autres. C’est drôle, elle devenu amis avec ses idoles. Elle est aussi très copine avec les filles des dinosaures du rock. Elle fait la fête avec Jade Jagger et Stella lui à présenté papa Paul Mc Cartney. Néanmoins, bien qu’elle soit très proche de Stella, elle ne parle pas souvent des Beatles. Elle est plutôt branchée Rolling Stones.
Ca me renvois à ce passage, au milieu de ton livre, où tu écris que la salle de bains de sa maison de Saint John’s Wood est « décorée des photographies de ses idoles-Les Rolling Stones, Sid Vicious, Bowie en Aladin Sane »
Elle a une vraie grosse culture rock. Ron Wood dit de Kate qu’elle est le meilleur DJ qu’il connaisse. C’est fou non ?
C’est ce qui explique son béguin pour les rockeurs ?
Elle n’est jamais plus belle qu’au bras d’un rockeur. Pour moi l’image iconique absolue de Kate, c’est la photographie prise au festival de Glastonbury, en Juin 2005, lorsqu’elle marche dans la boue avec Pete Doherty. Elle est aujourd’hui avec Jamie Hince, le guitariste de The Kills que lui aurait présenté par Jefferson Hack, le père de sa fille. Tout reste en famille. D’autant que Jefferson s’est déjà fait Alison, la chanteuse de The Kills. Tu me suis toujours ? En tout cas, on imagine mal Kate avec un rappeur musclé.
Les coups de foudres entre les stars des podiums et les rockers, semble être un truc récurrent, non ?
Les exemples ne manquent pas. On se souviens des histoires d’amour de Anita Pallenberg et Keith Richards, Stéphanie Seymour et Axl Rose de Guns ‘n’roses, Jerry Hall et Mick Jagger, Iman et David Bowie, Naomie Campell et Adam Clayton de U2, Helena Christensen et Michael Hutchence, d’INXS. La liste et longue et non-exhaustive.
Mais Kate, c’est une muse ou une groupie ?
Je vais te répondre avec les mots de mon livre. Devenir une muse est l’ambition de toute groupie, et Kate en est une, des temps modernes. A la fois super-groupie et inspiratrice d’une coterie en forme de mouchoir de poche où se mêle création, argent, mode et rock.
Kate Moss de Françoise-Marie Santucci. Editions Flammarion.