Interview Enrico Lunghi

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Un vent nouveau souffle sur le monde de l’Art, avec un changement de direction artistique de ce début d’année au Mudam : Enrico Lunghi reprend les rênes ! Cet historien de l’art luxembourgeois quitte le Casino, après douze années de très bons services. Connu et reconnu dans le monde de l’Art Contemporain, souvent à l’avant-garde, il adore explorer les nouvelles formes d’expression. Il multiplie les talents, avec la parution en mai dernier de son premier roman « Morts au musée»; satyre du microcosme socio- culturel grand-ducal, sur fond de meurtre sanglant. Le petit dernier du Mudam nous confie dans quelle direction il entend faire souffler le vent.

 

Vous quittez le Casino après plus de dix ans, cela ne vous rend-il pas mélancolique?

 Ce n’est pas facile de quitter un lieu où l’on a vécu tant de moments exceptionnels, et une équipe qui est presque devenue une seconde famille. Mais, j’ai la chance de me retrouver dans un autre lieu, qui ne m’est pas vraiment étranger, et avec un staff sympathique et motivé, que je connais déjà. En plus, le Luxembourg étant petit, je ne suis pas très loin : donc, tout va bien !

 

Comment    êtes-vous    arrivé à        l’art   contemporain, alors que ce dernier était quasi inexistant au Luxembourg quand vous étiez jeune?

J’ai fait des études d’ingénieur, je suis parti à l’université pour faire de l’archéologie et je suis sorti de là passionné d’art et de culture contemporaine : je n’avais rien prévu, c’est ce qui a laissé beaucoup de portes ouvertes…

 

Vous parlez de la « flexibilité de l’institution qui est nécessaire à la mise en place de l’œuvre artistique ». Grâce à ce nouvel espace, vous envisagez des projets plus ambitieux?

 

Pour moi, une institution, quelle qu’elle soit, doit vivre et se développer en restant en dialogue constant avec le monde qui l’entoure : elle transforme et doit se transformer, sinon elle se fige. L’ambition n’a rien à voir avec les dimensions.

 

Vous avez souvent été aux premières loges, sinon le fondateur, de nombreux projets et manifestations culturelles. Le Mudam, quant à lui, est d’ores et déjà connu et reconnu mondialement. Quels sont les challenges que vous vous êtes fixés ?

Malgré son histoire mouvementée, le Mudam est un musée très jeune. La première chose qui m’intéresse, c’est de l’inscrire dans la durée. Cela veut dire repenser le programme, la collection, le travail avec le public, pour se situer dans une perspective à long terme. Tout un chantier…

La petite « touche » personnelle que vous souhai- teriez apporter en premier?

 Beaucoup d’humanité.

Vous voyagez beaucoup dans le cadre de vos activités, pour vous, quel est le plus grand vivier artistique actuel?

 Je crois que ce qui caractérise notre époque, c’est l’éclatement. Bien sûr, il y a des concentrations d’artistes (Berlin, Londres, Pékin…). Mais je me suis toujours davantage intéressé aux marges qu’aux centres : le regard qu’on y porte sur le monde est souvent plus pertinent.

 

Le plus beau musée d’art contemporain au mon- de?

Celui que l’on a dans la tête.

L’artiste que vous souhaiteriez accueillir au Mudam?

Le(s) peintre(s) de la grotte de Lascaux ! †

 

 

Liberty

 

Crédit photo : Cintia Rosati

Publié par Liberty
Le 8th juin 2009
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