Aucun dancefloor ne résiste plus de deux scratches aux tours de passe-passe de Bennie Blanco. Ce grand Monsieur des platines chatouille aussi bien le hip-hop, le crank, la house que l’electro ou le R’n’B. Depuis sa prestation au Byblos, lors de la Luxuriant & Colophon party, nous sommes devenus intimes avec le virtuose : entretien avec une machine à faire groover.
Tu es un agent du FBI ?
Avec Spank, DJ Akos et Snake, nous animions l’émission de radio FBI (French Beat International) en direct de New York sur Skyrock, ce qui nous permettait de recevoir des artistes comme P. Diddy en passant par Lil Wayne jusqu’à Craig Mack. Aujourd’hui je fais ma propre émission, Smash Up Show, diffusée bimensuellement sur www.bennieblancopodcast.com via itunes store en téléchargement gratuit.
Pourquoi es-tu revenu ?
Skyrock, qui subventionnait le show, nous a coupé les vivres et l’industrie du vinyle, ma principale source de rémunération, s’est cassée la gueule.
Tu vivais de tes disques ?
L’émission de Skyrock nous permettait de payer le loyer, c’était déjà pas mal, vu que nous avions un grand duplex de 180 m² sur Classon Avenue, Brooklyn, mais c’était surtout avec les vinyles que je faisais ma tune. J’ai produit une cinquantaine de maxis, des remix, des bootlegs, des trucs que j’ai retravaillés, et qui, des fois sont sortis même avant que le track original soit dans les bacs. Aujourd’hui je produis toujours des remix/mashup avec mon associé Greg Armano sur notre site dédié aux Djs, www.club-bangerz.com.
Légalement, tu faisais comment pour les droits des remix/mash-up ?
Pour les droits d’auteurs, c’est surtout une histoire entre toi et ta chance (sourire). J’avais quelques bons plans pressage dans les pays de l’Est. Ils travaillaient vite, donc j’avais mes skeuds en 3 jours au lieu de 4 semaines.
Tu vendais combien d’exemplaires ?
Les 2 ou 3 premiers, c’était un peu galère, genre 200 exemplaires, mais les 48 autres tournaient à 1500 copies. C’était que du bonheur… et de la tune (sourire).
Le Bennie, c’est le meilleur dans quelle discipline ?
Honnêtement, je ne sais même pas si je suis bon quelque part (rires). Cependant, je me passionne pour plein de trucs. J’adore aussi bien le deejaying avec un outil comme Serato, qui te permet de mixer des mp3, tout en utilisant une matrice vinyle sur des platines normales, que le vidéo mix, la même discipline, mais avec des clips que tu scratches ensemble sur un grand écran. Visuellement et musicalement, c’est superbe.
Toujours 100% hip-hop ?
J’ai un peu évolué vers l’electro, scène que j’ai découverte il n’y a pas très longtemps et sur laquelle je m’amusais à cracher auparavant. Finalement, j’étais peut-être un peu con et je me mets même, aujourd’hui, à produire un album electro avec Greg Armano, prévu pour la fin de l’année.