Depuis une bonne dizaine d’années, chaque DJ, que ce soit en club ou en festival, est accompagné d’une illustration visuelle : aux manettes, tapi dans l’ombre, sévit le VJ ou Vidéo Jockey. Boulot ingrat peut-être, mais grâce à eux, la fête est bien plus folle. Rencontre autour d’un bloody mary avec le collectif VJ Ozz, un trio passionné, qui régale les soirées du Grand-Duché.
Qui fait quoi ?
Dominique : Mark est notre caméraman et ingénieur vidéo, Maurice notre informaticien et moi je suis chargée de la création du contenu visuel, je prépare le set. En live, nous jouons tous les trois ensemble sur le tempo de la musique. Nous envoyons des séquences d’images que nous superposons et auxquelles nous ajoutons des effets. Ensuite, on danse et on rigole !
Alors, y a-t-il un travail effectué en amont ?
D : Deux à trois jours par semaine, je recherche des images, j’en achète, j’en échange avec d’autres VJ. Nous n’utilisons pas d’extraits de films pour des questions de droit, mis à part le Ballet Mécanique de Fernand Léger, qui est si vieux que le copyright est mort.
Vos sets, uniquement en indoor ?
Mark : Oh non, nous jouons aussi dans des raves, des free-parties où nous projetons les images n’importe où, dans les arbres, sur des camions etc. D’ailleurs, lors de la dernière soirée, il a tellement plu que notre camion s’est embourbé. Nous sommes restés jusque 16h le lendemain de la fête, sans eau, ni rien à manger.
Sympa ! Mais vous jouez principalement en club ? Est-ce que votre travail diffère en fonction du spot ?
Dominique : Totalement. Par exemple, nous sommes résidents au Point à Luxembourg où nous avons carte blanche. Dans certains autres clubs, comme le Byblos, on nous demande des choses bien précises, genre imageries comme à Ibiza et autres. Dans ces clubs, personne ne prête attention à nous, alors qu’au Point les gens viennent de plus en plus souvent nous voir et nous féliciter.
Travaillez-vous uniquement sur de la musique électronique ?
D : Non. A Amsterdam, j’ai joué sur du jazz. Il y avait une jam session dans un club, j’ai suivi avec mon laptop, j’ai joué plus lentement. Ça marchait super bien !
Vos artistes et films préférés ?
Maurice : Jeff Mills, avec qui nous avons joué trois fois, et Matrix.
Mark : Led Zeppelin et Field of dreams avec Kevin Costner. Dominique : DJ Sasha, Beethoven et le Monthy Python’s Holly Graal.
Votre rêve de VJ ?
Mark et Maurice : Jouer au I Love Techno, à Gent, devant 20 000 personnes ou à l’Ultra Music festival de Miami. Dominique : Habiller les falaises du Grund de mes images.
Avez-vous déjà essayé de diffuser des images subliminales dans vos sets ?
Maurice : Au rythme auquel nous jouons, toutes les images sont subliminales.
En club, la star, c’est le DJ, le VJ est toujours dans son ombre. Pas trop frustrés ?
D : Si ! En plus, je suis toute petite, on ne me voit jamais ! Maurice : Et quand elle va aux toilettes, c’est toujours le mo- ment où la télé vient nous filmer.
D : Je le vis très mal (rires). †
Christophe Hanesse