Interview Sébastien Loeb

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Le sextuple champion du monde de rallye vit humblement sa passion à 200 à l’heure, sans se soucier d’une quelconque « hype » de mauvais goût. Raison suffisante pour le hisser en une de ce numéro spécial automobile? Pas tout à fait. Sa belle gueule de baroudeur fait fondre les damoiselles du Grand-Duché. C’est déjà mieux. Sébastien Loeb affiche sa kyrielle de sponsors colorés en première page de Luxuriant parce qu’avant tout, il aime arroser ses victoires avec ses collègues. A l’image des journalistes de notre rédaction, le pilote a bataillé en essayant d’épater, à 14 ans, les minettes de son village, couché sur sa mobylette 103 sport, le vent dans le dos, le pied droit appuyé sur son pot d’échappement pour gratter quelques kilomètres/heure sur son compteur fluo. Seb, continue de nous faire rêver !

Dans ta bande de potes, à 14 ans, c’est ta mob qui faisait le plus rêver les filles?

Nous restions plutôt entre potes, il n’y avait pas vraiment de filles avec nous. C’est venu plus tard, à cette époque je préférais les mobs.

En vitesse de pointe tu dépassais les 100km/h ?

Grâce à mon kit Polini, je montais jusqu’à 128 km/h.

Tu as eu le permis du premier coup ?

Oui.

Aujourd’hui, il te reste tous tes points ?

Je n’ai pas de points… J’ai un permis suisse.

La première voiture avec laquelle tu attaquais les ronds points alsaciens?

Une Renault 5 GT turbo.

Quand la maréchaussée t’arrête, c’est plutôt pour te faire signer un autographe ou te verbaliser ?

Au départ, c’est peut-être plus pour me coller un procès verbal… Mais quand les policiers me reconnaissent, les choses s’arrangent la plupart du temps…

Quand tu t’autorises un écart, tu es plutôt Fisher, Pinot noir ou Gewurztraminer ?

De façon générale, je suis plutôt Picon bière et vin rouge.

Il parait qu’en soirée c’est Daniel Elena qui te vole la vedette ?

C’est clair que c’est un gai luron et une vraie vedette en soirée !

Tu crois que tu pourrais nous dévoiler un petit scoop lors d’une victoire un peu trop fêtée?

No comment… Nous avons beaucoup d’anecdotes, mais cela reste entre les gars de l’équipe et nous !

Tu t’es autorisé quel rêve de gosse depuis que ton banquier te déroule le tapis rouge ?

Je me suis offert un hélicoptère.

Ce n’est pas frustrant d’être obligé de ne rouler qu’en Citroën ?

Je ne roule pas qu’en Citroën. Mon employeur comprend que j’ai aussi envie de voitures de sport, un genre que Citroën ne produit pas et qui n’entre pas en concurrence avec les modèles proposés.

Passer d’une C4 à une DS3 : enjeux techniques ou pari commercial ?

Les deux. Pour nous chez Citroën Racing, ce sont des enjeux techniques mais pour la marque, c’est aussi promouvoir un produit particulier de la gamme. Nous faisons du rallye pour l’image et pour faire vendre des voitures avant tout.

Tu es un surdoué, un chanceux, un bosseur ou un pilote bien entouré ?

Un peu de tout cela, sauf que je ne crois quand même pas être un gros bosseur.

Le petit secret technique sur ta voiture qui fait la différence selon toi ?

Justement, je ne peux pas te le dire, sinon ce ne serait plus un secret.

Une casse qui t’a vraiment énervé sur une course?

Cela s’est passé en Pologne cette saison. Une pièce de la voiture a lâché lorsque nous avons heurté une souche d’arbre. En temps normal, nous n’aurions pas dû avoir de problème, la pièce était censée tenir.

Quelles prouesses techniques utilises-tu aujourd’hui dans ton véhicule que j’aurais demain dans ma voiture ?

C’est un ensemble de paramètres, pas un truc en particulier.

Quel va être le prochain grand virage de ta vie ?

Ce sera lorsque j’arrêterai le rallye, et je ne sais pas encore quand, ni ce que je ferai.

Serais-tu forcément un pilote d’exception en Formule 1 ?

Comment le savoir ? En tout cas, je ne suis pas sûr que j’aurais pris autant de plaisir en F1qu’en rallye car c’est vraiment variés.

En endurance ? On va te voir aux 24 heures du Mans ?

C’est une possibilité mais rien n’est encore confirmé. Nous verrons bien.

Quelles sont les différences majeures entre les 3 disciplines?

Le rallye est une discipline qui laisse énormément de place à l’improvisation et au feeling à cause des conditions de routes changeantes et des différentes surfaces. En fait, on peut davantage comparer la F1 et l’endurance. C’est du circuit mais en F1 tout est « plus » : plus de vitesse, plus de grip, plus d’appuis… En endurance la notion de course d’équipe est aussi à prendre en compte, car elle donne une approche très différente de l’épreuve.

En WRC, quelles conditions particulièrement pénibles redoutes-tu ?

Je ne redoute pas forcément des conditions, je sais que certains rallyes sont plus difficiles que d’autres mais la variété des terrains rend aussi ce sport extrêmement passionnant.

Qu’est ce que l’enjeu du 7ème titre de champion du monde représente pour toi : passion, fierté, argent, Schumacher des rallyes, dépassement de soi ?

Je ne vois pas le 7ème titre comme un enjeu particulier mais plutôt comme un nouveau challenge qui se présente au début de la prochaine saison.

Quand tu te détends sur un jeu c’est forcément du rallye, plutôt Fifa ou Mario Bros ?

Oui c’est plutôt Gran Turismo.

Le joujou toutes catégories comprises qui te procure le plus d’adrénaline ?

La F1 sûrement, car je n’ai pu en conduire une que lors d’essais. Par conséquent, je n’ai jamais vraiment pu m’y « habituer »…

Ce n’est pas trop risqué de faire le casse-cou sur tout ce qui te procure du plaisir au risque de pénaliser ta carrière pro (mountain bike, sports de glisse, hélicoptère)?

J’ai le droit de pratiquer ce type de sport mais je n’ai pas le droit de me faire mal ! C’est tout, il faut rester raisonnable et connaitre ses limites.

D’ailleurs, au niveau de la sécurité, peut-on dire que tu risques ta vie à chaque virage ?

Non, pas à chaque virage, mais parfois oui. Mais on sait qu’on pratique un sport dangereux, c’est vendu avec. Et puis je ne suis pas un kamikaze, je prends des risques calculés même si cela paraît fou de l’extérieur.

As-tu un langage spécial avec ton copilote pour communiquer ? Comment vous traduisez « attention ça va être la merde » ?

Non, nous n’avons pas de langages spéciaux, je peux inscrire dans les notes des endroits « piègeux » mais c’est tout. Il m’arrive de souffler un peu parfois et Daniel sait alors que c’est passé « fin ».

Séverine n’est pas trop jalouse du temps que tu passes avec Daniel ?

Non, elle aime bien Daniel et puis elle vient sur les courses donc je la vois aussi.

Quand vous décidez de rouler ensemble, est-elle aussi bon copilote que Daniel ?

Je ne veux pas comparer, elle fait cela de temps en temps et pour Daniel c’est vraiment son métier. Mais Séverine se débrouille très bien.

Tu es le sportif 2009 préféré de tes compatriotes français, selon toi comment as-tu réussi à coiffer au poteau des footballeurs et des tennismen ?

C’est sûr que j’étais le premier surpris de ce classement où j’arrive devant des sportifs dont la discipline est beaucoup plus médiatisée que le rallye. Mais je pense que le public m’apprécie parce que je suis un mec « normal » et que je reste moi-même.

Ton plus beau titre ?

Le premier… cela reste toujours le jour où tu sais que tu as enfin réussi à le faire!

Ton concurrent le plus dur à battre ?

Mikko Hirvonen : il est solide mentalement, rapide et ne fait pas de fautes.

Aujourd’hui à 35 ans, as-tu un regret ?

Non, je n’en vois aucun.

Sur la ligne d’arrivée, quel est le regard que tu cherches en premier ?

Si ma fille Valentine est là avec ma femme Séverine, ce sont elles que je cherche.

En 2010, tu vas courir à domicile, comment aimerais-tu que se déroule la soirée de fin de rallye?

J’aimerais que mes amis soient présents avec ma famille.

Publié par Sébastien
Le 1st février 2010
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