Henri et Jeremy, les deux beaux gosses de la délégation luxembourgeoise de la Yatch Week, tenaient absolument à nous présenter William Wenkel et Eric Biörklund, les instigateurs suédois du concept de vacances le plus alléchant du panorama estival. Nous flippions de tomber nez- à-nez avec une escouade de fils à papa coincés mais « que nenni », les joyeux marins nous ont enrôlés en moins de 3 pintes afin de les rejoindre festoyer, cet été, à bord d’un des nombreux voiliers de la Yatch Week.
À quoi ressemble la Yatch Week ?
W : Le Gumball à la voile (sourire) ! Plusieurs semaines par an, The Yacht Week réunit plus de 300 voiliers sur les plus beaux rivages du globe pour s’éclater, échanger leurs cultures et découvrir de nouveaux horizons. Les équipages sont internationaux et l’ambiance est décontractée.
William, tu es marin ?
W : Effectivement, je travaillais dans la marine suédoise pendant mes vacances scolaires. Après mes études, je suis parti bosser à Londres, mais au fil des années, je m’éclatais de moins en moins dans mon job. J’avais toujours la voile en tête et les vacances décalées que nous passions avec mes amis sur l’eau.
Tu as eu envie de professionnaliser tes vacances ?
W : La première fois, en 2004, nous étions uniquement 3 bateaux en Croatie, mais chaque année, notre petite escapade rencontrait un succès grandissant chez les amis de nos amis. La logistique commençait à devenir fastidieuse car je devais gérer les destinations, les locations d’embarcations et les virements bancaires. C’était une vraie galère qui me prenait énormément de temps. Avec Eric, nous nous sommes dit qu’il était temps de fonder notre société et de nous concentrer uniquement sur ce business à plein temps.
Parlons chiffres ?
W : À l’heure actuelle, nous avons déjà 345 bateaux bookés pour l’édition 2010 et ce n’est pas fini. Nous plaçons en moyenne 9,3 vacanciers par voilier, soit entre 6 et 20 répartis par cabine double sur des bateaux de 10 à 35 mètres.
Ok, je vois que c’est un business plan bien établi !
J : Oui mais je te rassure, la Yatch Week reste fun et c’est une belle expérience de fête agrémentée de chouettes rencontres.
D’accord, mais parlons vraiment chiffres, combien ça coûte ?
H : C’est relativement accessible. La location d’un bateau avoisine les 2000 € à diviser par le nombre de plaisanciers par embarcation. Le budget minimum débute donc vers les 350 € plus les frais de voyage. Toutes nos destinations sont à proximité d’un aéroport low-cost. En comptant les taxes portuaires, les à-côtés, tu démarres tranquillement à 800 € la semaine.
Comment avez-vous ouvert l’antenne luxembourgeoise ?
E : Jeremy et Henri ont participé l’année dernière à l’événement et nous ont contactés pour nous proposer leur aide.
Ils font bien leur boulot ?
E : En 2009, uniquement 3 bateaux faisaient partie de la délégation luxembourgeoise mais cette année, nous avons déjà deux fois plus de réservations… et nous en aurons encore plus après cet article dans Luxuriant (sourire) ! Sinon, il y a beaucoup de Suédois, Danois, Norvégiens, Espagnols, Italiens, Suisses, c’est vraiment international…
Le public cible est étudiant ?
H : Non, même si nous nous comportons comme des étudiants (rires). Les plaisanciers sont âgés de 21 à 30 ans, pour la plupart ce sont des jeunes professionnels ou des étudiants avec une parité garçons, filles de 50/50. Tout le monde est détendu. L’année dernière, un skater norvégien pro faisait même partie de l’aventure en Croatie. Avec ses potes, ils avaient loué 2000 watts de son sur leur bateau et on entendait leur musique jusqu’à l’autre bout de la ville. Imagine, 500 fêtards répartis sur 60 voiliers, tu vois un peu le potentiel.
Si tu repères une proie sur un autre bateau, tu opères comment ?
J : Des petits zodiacs sont à disposition pour partir à l’abordage des autres voiliers ou se rendre à la plage, mais tout le monde se les vole dans la bonne humeur (sourire).
Alors ?
H : Et bien tu fais comme French Cuisine (ndlr le DJ de la Yatch Week). À 5 h du matin, avec ses collègues, ils ont rejoint des filles qu’ils avaient repérées sur un bateau voisin, à la nage, une lampe de secours dans une main et des bières accrochées à leurs maillots de bain (sourire).
Ça drague un peu ?
J : Même beaucoup mais moi j’ai une copine alors je ne me prononce pas (rires). Les gens sont très ouverts, ce qui facilite pas mal de choses, c’est très zen. Tu fais des apéros sur ton yacht, tu invites les autres équipages.
Une journée type ?
H : Réveil sur les coups de 10 h du matin (si le skipper est gentil), nous naviguons pendant 2 ou 3 heures, nous récupérons nos forces en douceur, et ensuite nous nous dirigeons vers la prochaine escale pour le chill et la teuf. Chaque soir, nous débarquons dans un nouveau lieu idyllique.
Faut-il être un navigateur chevronné ?
W : Non, chaque voilier est fourni avec un skipper. D’ailleurs, tu peux lui filer un petit coup de main, cela lui fera toujours plaisir.
Le skipper ne disjoncte pas avec une dizaine de fous furieux à son bord ?
J : Bien sûr que non, car il a notre âge, il est cool et il vient généralement d’un Yatch Club. Nous lui payons juste sa place sur le bateau et la bouffe. Bon des fois, il stresse un peu, surtout quand nous avons fait la fête la veille et qu’il essaie de nous réveiller à 6 h du matin pour naviguer.
C’est systématiquement une orgie tous les soirs ?
H : On choisit selon ses envies et chaque équipage possède son propre roadbook. À la tombée de la nuit, il y a deux endroits pour jeter l’ancre, soit un spot relax avec une crique et quelques bateaux, soit l’endroit blindé de monde avec 40 voiliers côte à côte. C’est super convivial. La fête se passe dans des clubs, des bars ou des paillotes sur la plage. On a le choix de suivre ou non les réjouissances mais les Djs envoient vraiment des super mixes.
Les bateaux sont tous amarrés au port ?
J : Les voiliers peuvent être amarrés au port, il leur en coûtera des frais supplémentaires pour avoir l’eau et l’électricité, ou alors ils peuvent rester en mer. Les bateaux sont l’un à côté de l’autre, c’est super festif.
Les dates ?
W : En Croatie du 17 juillet au 28 août, à Ibiza les deux premières semaines d’août et la dernière quinzaine en Grèce.
Faut-il être un équipage complet pour réserver un bateau ?
W : Pas forcément, cette année nous avons lancé un voilier avec des réservations par cabine où on peut venir minimum à deux mais c’est préférable d’être un petit groupe de copains et de booker sa propre embarcation.
Revient-on reposé d’une Yatch Week ?
W : Non, mais avec plein de souvenirs. Il est même préférable de reprendre une semaine de vacances après pour récupérer.
Bon les inscriptions sont par où ?
W : Sur www.theyatchweek.com. Tu peux aussi écrire à jeremy@ theyachtweek.com ou henri@theyachtweek.com qui t’aiguilleront le plus simplement possible. †
Sébastien