Orange Crush

Volvo

Histoire de battre notre coulpe suite au précédent test (jouissif) d’un « monster truck » hydrocarburovore, c’est à bord d’une écolo-car « made in Sweden » que nous prenons place ce mois-ci. Livrée pour le coup dans sa version 1.6D DRIVe orange façon 70’s, la petite de chez Volvo affiche pourtant un style rageur et sportif, restylage de la calandre aidant. Passage au presse-agrume de cette urbaine tant convoitée histoire de voir si le ramage se rapporte à son plumage.

 

Break de chasse

Notre C30 n’aurait sans doute jamais vu le jour si ne lui avait pas précédé la mythique 480, première traction avant sortie des ateliers Volvo en 1986. A l’époque, la 480 est une véritable révolution sur la place automobile. Ligne agressive façon coupé se terminant par un hayon résolument « break », elle inaugure l’appellation «break de chasse» et constitue un des essais stylistiques les plus pertinents de la marque suédoise. Actuellement, la 480 continue de faire quelques apparitions sur certains sites de vente en ligne et il n’est pas rare de tomber sur une version Two Tone en relativement bon état… un must.

 

 

L’été de mes huit ans fut celui du Drame! Un soir de juillet, de parfaits inconnus avaient rendu visite à mon père, carnet de chèque à la main, en vue de nous « prendre » notre Simca Rancho couleur olive, soi-disant vieillissante. S’ensuivirent des torrents de larmes et des adieux au mouchoir à ce qui restera pour moi la voiture la plus exotique de mes souvenirs d’enfance. Ce soir- là, mon père avait passé son bras réconfortant autour de mon épaule pour me confier « Ne pleure pas, demain nous aurons notre Volvo ! ». « What the fuck ?! » m’étais-je dit… presque ! Dès le lendemain, je faisais connaissance avec une rutilante 360 GLT 2.0L 112ch aux allures de char Patton. Taillée à la serpe et affichant un poids certain, il ne me fallait pas plus de quelques secondes pour me convaincre du bien-fondé de la décision paternelle. Côté cour d’école, je me heurtais aux moqueries de mes camarades pour qui Volvo était synonyme de « véhicule à usage agricole ». Il est vrai qu’à l’époque, le design automobile suédois se rapprochait plus du dessin d’enfant façon « regarde mam

an, j’ai dessiné une voiture! » que de la performance esthétique à l’italienne. Je savourais ma vengeance quelques années plus tard lorsque mes amis cédèrent au dictat du design suédois en arpentant les allées du plus proche IKEA à la recherche de l’étagère Billy commandée par madame. Ah ah !

 

Clockwork Orange

Lorsque je débarque un lundi matin chez Autopolis, un détail attire mon attention sur le parking du garage : un détail orange… très orange. Ma C30 d’essai es

t une version typée « racing » affichant une allure clairement estampillée compétition : jantes blanches, couleur de carrosserie criarde, jupes de caisse aubergine, inserts alu sous le parechoc arrière. Bref, on est loin de la plénitude zen à laquelle nous a habitués la maison suédoise. Soit, l’orange sera de rigueur pour cet essai. Personnelle

ment, je lui préfère le blanc glacier et l’intérieur bordeaux, plus classiques. Mais les goûts et les couleurs.

Shake your booty

Commençons par le commencement. Au moment d’embarquer, je me dis qu’il serait sans doute plus opportun de ranger ma veste dans le coffre de mon véhicule. J’ouvre donc le hayon et surprise… le coffre est véritablement minuscule. Si break de chasse il est, ne vous imaginez pas ranger une paire de sangliers à l’arrière de la C30. Quant

au couvre-bagages souple, optez sans hésiter pour la version rigide, ce qui devrait vous faire gagner quelques minutes sur votre espérance de vie au moment de ranger vos courses dans ledit coffre. Quoi qu’il en soit, la petite de chez Volvo n’a pas vocation à emmener une famille nombreuse sur les pistes de ski et les deux assises arrière (2+2 places) se rabattent avec la plus grande aisance. Les places arrière offrent, quant à elles, une assise parfaite, proche du confort des 2 places avant. Côté aménagement et habitacle, la rigueur nordique est de mise. Simplicité, efficacité, ergonomie. Tout tombe sous la main, sans fioriture et la magnifique console centrale flottante constitue à elle seule une révolution en termes de design automobile. Passons à la conduite! Le 1.6D de 109ch se montre volontaire, jamais pataud et affiche des reprises plus que respectables. La conduite se veut presque

sportive, intuitive et ne se met jamais en défaut, même dans les conditions plus «musclées». La boîte est agréable et la C30 offre un comportement vif, plus proche de l’urbaine que de la compacte dont elle affiche tout de même le poids. Plutôt réfractaire au Start&Stop, je m’y suis très rapidement habitué. Et si une véritable baisse de la c

onsommation et une diminution significative de l’émission de CO2 s’en font ressentir, je ne peux que saluer l’initiative d’autant que l’achat de ce type de véhicule est favorisé par une prime gouvernementale non négligeable.

Conclusion

La C30 ne peut laisser indifférent et cette version DRIVe rassure dans sa volonté de ne pas privilégier l’écolo attitude au détri- ment du plaisir de conduite. Bref, un excellent compromis et une porte d’entrée surprenants dans l’univers Volvo.

 

On a aimé

Le restylage de la face avant. La qualité des matériaux et la finition « à l’allemande ». Le comportement joueur, voire sportif même en 1.6D. Le style «break de chasse» sans concession. L’esprit Volvo conservé.

On a moins aimé

L’accès au coffre.

La Volvo C30 est disponible chez Autopolis Luxembourg. †

 

Texte et photos : Christophe Michel

Publié par Christophe Michel
Le 1st juin 2010
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