Interview Lili Is Pi

lili is pi

Lors de mon dernier périple londonien, je suis tombé dans le métro sur une publicité dans un hebdomadaire british pour le dernier album Only Mirrors de Drew Andrews. Le bonhomme a signé son recueil de onze ballades néo folk chez nos compatriotes de Lili Is Pi, les mélomanes qui traînent à l’Autre Part à Differdange. Mon sang n’a fait qu’un tour. Un coup de fil et un billet Luxair plus tard, j’étais revenu dans le sud du Grand-Duché pour siroter une bière avec Rémy, le visionnaire du label.

Qui est Lili ?

Aïe, c’est la question à ne pas poser (sourire). Mon chat Pistache alias Pipi alias Pipilili s’était fait la malle dans Differdange. Je me suis donc retrouvé en décembre 2008 dans les rues à le chercher en criant Pipi Lili Lilipipi. Le nom du label était né grâce à mon matou sans aucune connotation musicale ni de souci marketing, mais bon, nous ne sommes pas Warner (rires).

Tu vis la musique ?

Absolument, je suis un malade de sons. Lorsque je découvre une perle rare, je ressens le besoin passionnel de la promouvoir. Avec le label, par pure stratégie, nous avons décidé de ne pas nous diversifier et de rester focalisés sur l’Indie, le Néo-Folk et l’Indie Pop. Nos productions sont légèrement colorées, parfois acidulées et toujours mélodieuses. Par contre, je ne vis pas encore de la musique car le marché actuel est un peu malade.

Votre catalogue ?

Notre écurie est encore intimiste car nous mettons un point d’honneur à développer de vrais rapports humains avec nos poulains. Nous avons signé Takka Takka, Drew Andrews, Noël et l’année dernière nous avions lancé Karo qui nous a quittés pour Normoton. Nous sommes fiers lorsqu’une de nos découvertes réussit à rejoindre une grosse maison de disques pour embrasser une carrière internationale.

 En ce moment, vous êtes à fond sur Drew Andrews ?

Drew Andrews, le jeune guitariste du groupe The Album Leaf, pas la pornstar gay (rires), est vraiment un mec gentil et talentueux. Si tu aimes Elliott Smith ou Bob Dylan, je te recommande Only Mirrors son dernier LP. Son histoire est d’ailleurs incroyable. Il ne connaissait pas son père biologique. Ils se sont rencontrés par le plus grand des hasards dans le studio d’enregistrement de son paternel, dans lequel Drew devait produire son disque. Au fil des discussions, ils ont découvert leur lien de parenté. Depuis, ils ne se quittent plus et font plein de musique ensemble. Cette histoire aurait pu servir pour un film à Hollywood.

 Est-ce que le label développe une identité luxembourgeoise du Sud spécifique ?

Nous sommes pluriculturels, au même titre que le Luxembourg, mais ne développons pas d’identité particulière au Sud comme tu pourrais le rencontrer dans le hip-hop par exemple. Nous aimerions travailler avec davantage de formations grand-ducales. Je vous invite à nous envoyer vos démos sur www.lili-is-pi. com. Nous écoutons absolument tout. †

Publié par Sébastien
Le 1st juin 2010
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