Interview Tiga

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Reconnu aujourd’hui comme le pilier de la scène électro clash, Tiga a fait éclore la techno au Canada à l’aube de ce millénaire. Ses nombreuses reprises « Hot In Here » de Nelly ou « Sunglasses At Night » de Corey Hart et la production d’artistes sur son propre label Turbo l’ont propulsé au rang de gourou incontournable de la musique électronique. Interview exclusive avec le DJ qui porte des lunettes noires la nuit.

 

As-tu perçu des changements au niveau du clubbing au cours de tes 20 années d’activisme ?

Énormément, la scène a tout d’abord subi la révolution de la vague électro/new-wave en 2000. J’ai ressenti, huit ans plus tard, un renouvellement de génération. Les kids sont devenus, grâce à Internet, de plus gros consommateurs de musique.

 

Est-ce que cela a un impact sur ta manière de produire de la musique ?

Ma manière de composer n’a pas changé, je fais toujours les sons que j’aime avec le cœur. Par contre, cela a eu une répercussion directe en termes de ventes. En 95, les bons albums restaient sur le devant de la scène pendant six mois. Aujourd’hui, un grand disque peut durer deux semaines et être complètement oublié.

 

Te considères-tu comme un musicien ou comme un artiste ?

 Ni l’un, ni l’autre à vrai dire, mais à l’aéroport, lorsqu’un douanier me contrôle, je préfère me présenter en tant que DJ.

 

Quel est le plus important pour toi : produire un live sur scène ou faire le DJ ?

 Je n’ai jamais développé le côté live de ma musique, je dois être le seul d’ailleurs. Toutefois, je suis conscient d’avoir le potentiel pour faire le show. Je me produis beaucoup comme DJ car c’est vraiment fonctionnel. Cependant, une performance live est une chose merveilleuse. Gonzalès ou James Murphy sont excellents dans cet exercice.

 

Le succès de Tiga est plus important que celui de Turbo ?

 

Mon succès personnel m’importe plus car c’est mon identité. Si quelqu’un aime une de mes chansons, ma fierté et mon égo en seront davantage flattés. Quand j’aurai 50 ans, j’en aurai marre de tourner et de faire le DJ en club, le label deviendra donc une priorité. Néanmoins, les réussites commerciales de Chromeo ou de Proxy sur Turbo me donnent beaucoup de satisfaction.

 

Comment as-tu rencontré Proxy justement ?

Proxy, c’est l’exemple typique de la manière de collaborer avec cette nouvelle génération de producteurs. Il est russe et il m’a envoyé un fichier sur mon Myspace. J’ai adoré le morceau, je l’ai contacté et tout s’est fait virtuellement. C’est vraiment le côté positif d’Internet car dix ans en arrière, je n’aurais jamais pu découvrir ce fabuleux artiste ! †

 

 

Laurent

Publié par Laurent
Le 1st juin 2010
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