Interview Viki Gomez

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Pour les néophytes de la culture BMX, Viki Gomez est une référence dans le domaine du flat, discipline où les figures s’enchaînent uniquement sur sol plat. Champion du monde en 2007, sponsorisé par Red Bull, co-fondateur de la marque KGB,  le madrilène n’est plus à son premier coup de pédales. Le bel hidalgo est venu rejoindre sa dulcinée le temps d’un été au Grand-Duché, l’occasion pour Luxuriant de l’interrompre quelques instants dans son idylle ensoleillée afin de le taquiner un tantinet.

Ton blase ?

Lorsque j’ai commencé à rider, avec mon chapeau et mes cheveux longs, je ressemblais au personnage de cartoon, Viki The Viking. Mon véritable prénom est Jorge.

Ton mentor ?

Je suis fan de Martti Kuoppa, l’ami finlandais avec qui j’ai monté l’entreprise KGB, spécialisée dans la conception de BMX. Il est considéré comme le numéro un mondial, même s’il ne concoure pas. C’est un maître et un frère pour moi.

Vous êtes donc de bonnes « pédales » ?

Non, non, même si nous avons beaucoup voyagé ensemble, nous n’avons jamais franchi ce pas (rires).

Ta vie quotidienne ?

Je me lève, je prends soin de vérifier mes mails, je téléphone à mes proches, je roule trois, quatre heures et je retourne à mon business. Le plus génial, c’est que je peux le faire partout, comme ici au Grand-Duché.

Madrid ou Luxembourg ?

Le Luxembourg, sans hésiter : moins de pollution, zéro stress, plus de verdure et le souterrain du centre Hamilius, en face de la Poste.

C’est ton spot favori ?

Cet endroit est idéal pour rouler : pas de bruit, un sol parfait, sans aucune voiture et les breakdancers pour seule compagnie.

À 29 ans, ne te sens-tu pas un peu à plat ?

Non, car aujourd’hui tout est plus simple. J’ai de très bonnes bases pour apprendre plus rapidement de nouveaux tricks. Le flat est un art martial, tu ne peux que progresser. Je suis comme le bon vin, je deviens meilleur avec l’âge. Après, je ne te promets pas qu’à 50 ans, je puisse encore rentrer mes plus belles figures.

Que penses-tu de la nouvelle génération ?

À mon époque, c’était plus freestyle, chacun développait sa propre personnalité. Aujourd’hui, les novices plagient sans respect les tricks des meilleurs. Ils rident pour la gloire et non pour le fun. Ils veulent ressembler à des rockstars, mais le vélo n’est pas une guitare. Dans cette jeunesse, je ne retrouve pas la fraternité que j’ai connue.

Tu pratiques seulement le flat ?

Je fais du kart de compétition avec Martti, comme nous avons le même gabarit, nous nous défions pour le plaisir. Sinon, je joue beaucoup au ping-pong. Tu trouves des tables en métal partout dans les rues de Madrid.

Ta destination préférée ?

Le Japon ! C’est le pays du flat. Lorsqu’en Espagne, 40 flatlanders se battent la scène nationale, au Japon, tu en as 3000. C’est le paradis. Ce peuple voue un vrai culte à cette discipline.

Tu dois être considéré comme un Dieu là-bas.

Un peu, oui. Je suis Viki San (rires). Tout le monde est poli, personne ne vole, j’adore la nourriture, le temps. Je pourrais vivre là-bas.

Publié par Brice
Le 1st août 2010
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