Go Beyond!

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S’il ne devait en rester qu’un, ce serait lui ! Depuis le dé- but des 70’s, le Range s’est largement imposé comme LE 4×4 de référence. Considéré par ses « disciples » comme la Rolls des 4 roues motrices, il a su séduire une clientèle prestigieuse avide d’aventures, de grands espaces et d’exotisme tout en offrant un niveau de confort… royal. Quarante ans ont passé depuis et le « break géant » a conservé tout son british panache ! Comble de l’ironie, la marque à l’esprit très « Compagnie anglaise des Indes » est passée aux mains du groupe Tata Motors en 2008. Gageons que le géant automobile indien poursuivra la quête initiée par Land Rover au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

I need a proper car

1947, Maurice Wilks, ingénieur en chef chez Rover, compte bien rendre la monnaie de sa pièce à l’américain Jeep, dont la Willys s’est largement imposée sur les champs de bataille du monde entier, mais également chez la population civile. Naît alors Land Rover dont la conception repose sur la construction d’un véhicule utilitaire à la carrosserie en aluminium boulonnée. Fidèle compagnon de route des aventuriers de ce monde, le Land entre au fil des ans dans la mémoire collective. Des pistes africaines à la jungle brésilienne, il fait figure de proue dans la catégorie des utilitaires purs et durs. Une vingtaine d’années plus tard, le Range Rover fait son apparition sur les routes de campagne anglaise et devient l’accessoire indispensable de tout bon gentleman-farmer qui se respecte. Tout-terrain de luxe, il est immédiatement plébiscité par l’élite d’Outre-Manche, de la Reine Elizabeth II… à Paul Mc Cartney. Avec la même philosophie que son rustique grand frère, il offre aux grands de ce monde la possibilité de crotter leurs bottes en toute élégance. Range Rover, ou comment découvrir le monde avec style.

Principes immuables

Dominer le monde! C’est l’impression première que l’on ressent en posant le premier pied à bord du véhicule. Pour ma part, Range Rover est synonyme de Paris-Dakar, Camel Trophy et autres aventures viriles, devenues politiquement incorrectes où sueur et gaz d’échappement ne font qu’un dans la creusée d’ornières, à travers une jungle marécageuse où le danger s’immisce derrière chaque souche d’arbre. Tradition familiale oblige, j’ai passé mon permis de conduire au volant d’un véhicule tout- terrain allemand de près de 2 tonnes au flegme pas vraiment élégant mais doté de capacités de franchissement n’ayant rien à envier à une Niva dernier cri. Bref, l’attrait paternel pour tout ce qui peut s’apparenter à l’univers militaire, a longtemps bercé mon enfance, le camel et le vert olive faisant référence dans la gamme des coloris tendances, même si le bordeaux façon béret de para-commando s’est vaguement imposé au début des 90’s. C’est donc tout naturellement que mon père s’est tourné vers Land Rover à deux reprises… malgré quelques diatribes de principe sur la Perfide Albion, etc. C’est ainsi que je me suis retrouvé un samedi pluvieux d’automne, assis dans une position proche de celle d’Edwin Aldrin, lors du décollage d’Apollo 11, à creuser des ornières à la verticale dans la campagne belge. À ma gauche, mon paternel et des étoiles plein ses yeux d’ancien militaire nostalgique d’une époque coloniale, maintenant révolue, durant laquelle il sillonna les pistes poussiéreuses du Congo « de papa »… en Land Rover. Cette bonne vieille Land, taillée comme un roc, qui apparaissait furtivement sur les murs du sa- lon lors des soirées dia familiales sur fond de musique africaine, le tout bercé par l’odeur du Moambe qui réchauffe les coeurs. Souvenirs exotiques…

Du bout des doigts

Bienvenue chez Land Rover! Je gare ma japonaise et pénètre dans la concession. Des rondins de bois viennent me rappeler qu’ici, on fait plutôt dans l’aventureux. Je me sens un peu bête d’avoir opté pour une chemise de marque anglaise et couleur «tan», limite dress code. Soit, le personnel attentif me confie les clés du baroudeur de luxe et m’invite à prendre place. Ah oui, il faut grimper… On est bien loin du rustique Defender et pour- tant, malgré un sérieux embonpoint et un niveau de finition des plus soigné offrant sellerie de cuir et bois précieux, le Range invite immédiatement à l’aventure. On est dans la catégorie poids lourds du genre. C’est un fait, il y a SUV… et Range Rover. Mon exemplaire « Sport » est doté d’une motorisation Diesel V6 avec deux turbocompresseurs à géométrie variable et d’une boîte automatique Commandshift à 6 rapports. De quoi voir venir. La prise en main est simplissime et la batterie de technologie em- barquée ne fait que contribuer à la déconcertante simplicité de maniement du «monstrueux» batailleur. Outre la possibilité de gérer à la carte le système de suspension du véhicule, grâce au système Terrain Response, le Range offre le contrôle dynamique de stabilité, le contrôle de stabilité du roulis, l’anti-patinage et le contrôle de vitesse en descente avec système de desserrage progressif des freins. Le Range ne se laisse pas démonter et impose sa maîtrise sur l’ensemble des terrains. Niveau conduite, notre version « Sport » a su faire parler la poudre sur le bitume. Ici, il n’est pas tant question de chronos, mais plutôt de puissance délivrée. Et pour ce faire, c’est toute une horde de purs-sangs qui est chargée de mettre en branle le mastodonte. Testé sur route exclusivement, le Range s’est comporté comme une ber- line haut-de-gamme, offrant un niveau de confort exemplaire. Il file droit, répond à toutes les sollicitations et ménage ses passa- gers. En ville, le Range se pilote du bout des doigts et se faufile aisément dans les rues pavées et étroites de Clausen. Un exemple de maniabilité… et d’habitabilité qui ne manque pas de cachet : confort ultime, cuir haut-de-gamme, bois précieux, commandes intuitives, vision irréprochable et coffre gigantesque. On y camperait presque.

Conclusion

Le Range Rover est une icône intemporelle, un monument de l’automobile. Prêt à patauger dans les chemins creux, tracter une paire de chevaux et leur van, véhiculer une famille ou, tout simplement, satisfaire un besoin irrépressible d’évasion… mais toujours avec style.

On a aimé

  • Le style Range conservé.
  • Les capacités routières du véhicule.
  • La consommation relativement maîtrisée.
  • La maniabilité exemplaire.

On a moins aimé

  • Le système de navigation.

Range Rover Sport est disponible chez Land Rover Luxembourg.

Publié par Christophe Michel
Le 5th octobre 2010
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