Heureux qui comme Ulysse

edito luxuriant 15

Nos locaux sont place de Hollerich, à une enjambée de la gare et à quelques encablures de la place Léon XIII, devant le parvis de l’église de Bonnevoie. Nous évoluons constamment au beau milieu d’un triangle des Bermudes composé du Foyer Ulysse pour sans- abri, du Tox-in (le centre d’aide à la toxicomanie route de Thionville) et de la nouvelle fullegaas avec ses femmes de petite vertu. Attention! Ce triangle n’engendre pas de disparitions de navires, mais de dignité. Dans notre rue, les jeunes marginalisés sont légion et s’abandonnent à leurs loisirs favoris et délétères. Donc, nous sommes d’accord, le quartier est plutôt animé, un tantinet populaire et bougrement folklorique.

En ce moment, bouclage aidant, je quitte le bureau un peu plus tard, le cortex embrouillé par les fautes d’orthographe, les photos en format jpg basse résolution et les mp3 d’interviews de mauvaise qualité sonore. Bref, j’ai la belle vie, comme nous aimons le dire à la rédaction.

Sur le chemin qui mène à ma voiture de luxe, je suis souvent obligé de franchir un petit amoncellement de seringues usagées et, dix mètres plus loin, de sautiller, pour éviter de souiller mes nouvelles Nike Air Jordan ID, au-dessus de préservatifs, eux aussi déjà utilisés. Les deux joujoux sont malencontreusement souvent de connivence, l’un permettant de se procurer l’autre et vice versa.

Arrivé à mon carrosse, juste avant de lancer dans mon autoradio le flow subversif d’un MC bien racaille (car oui, moi aussi j’aimerais bien être un gars de la rue), je me fais souvent mendier un petit billet de dix euros par un badaud. « C’est pour prendre le train », comme il dit. Ah! Ben dans ce cas-là, « bon voyage l’ami ». C’est si jouissif et pourtant si simple de se montrer solidaire avec ses pairs. Malheureusement, son voyage ne le mènera pas bien loin, enfin quand même jusqu’au hall de la gare. Il y achètera son propre titre de transport : une dose d’héroïne, une boule comme cela se dit dans le jargon, bradée à vingt euros.

Bon, ok chers lecteurs anonymes, je vous ai plombé le moral pour la journée avec mes conneries et je vous présente mes plus plates excuses. J’imagine que vous préfériez mes anciens éditos avec leur lot d’immaturité, d’insouciance et de fête. Mais si c’est une fête que vous désirez, pas de panique, je suis toujours votre homme. Mes collègues et moi, nous vous convions à la Luxuriant party, le vendredi 5 novembre au cabaret le Splendid, 71 rue du fort Neipperg. Comme à l’ac- coutumée, nous avons fait les choses dans les règles de l’art puisque l’entrée sera gratos et pour ambiancer la soirée, nous avons même invité Kavinsky et The Shoppings, afin de prêter main forte au Luxuriant DJ Crew. En plus, c’est cool, c’est juste à côté de la gare.

Publié par Sébastien
Le 2nd octobre 2010
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