Interview Charly Martin et Naum Ildefonse

Charly martin 52

Luxuriant était invité à la Roundhouse de Hossegor, la maison Nike 6.0 qui a enflammé la côte landaise cet été. Au programme de ce méga showroom, du pur son avec Diplo, The Drums, Kavinsky, des animations graphiques sous la houlette du magazine Clark avec Arthus, DVNO, les tatoueurs de Bleu Noir et bien entendu des surfers pro. Nous en avons profité pour alpaguer les deux super- héros de la marque au swoosh, Naum Ildefonse (attention jeux de mots pourris interdits, même s’il défonce tout dans les vagues) et Charly Martin, sacré champion d’Europe junior quatre jours après cette interview. Voici leurs mots.

Naum, peux-tu me décrire Charly en quelques phrases ?
N : Charly est presque plus black que moi. Il revendique sa « négritude » de guadeloupéen en imposant le drapeau de sa région sur sa board et en buvant du ti-punch (rires). Il développe un certain succès avec les filles même s’il n’en profite pas (rires). Son style en surf est puissant et aérien.

Et toi Charly ?
C : Naum revient de cinq jours de fête de Bayonne, il a une bonne descente, mais moins que moi (sourire). Il plaît aux filles, mais il est casé depuis deux ans. Il est né au Brésil mais habite à Bidart. Il s’engage et charge à fond dans l’eau. Il n’a pas peur et c’est important dans les vagues.

Vous avez stoppé l’école pour courir le circuit ?
N : Charly, après le bac, a choisi de devenir pro, d’en faire sa vie. Moi, j’en fais aussi ma vie mais je ne participe plus aux compétitions. Je suis un free surfer et parallèlement, je continue mes études en 3ème année d’école de commerce.

Pourquoi Nike a misé sur vous ?
N : Parce que nous nous engageons et que nous sommes prêts à bouger. Moi, c’est surtout Bruno Débauché, le surf mentor de Nike, qui m’a vu évoluer depuis que je suis tout gamin. Un jour, il est venu me demander si j’avais envie de porter des chaussures Nike. De son côté, Charly, à 20 ans, est un des riders les plus talentueux de sa génération. Il doit simplement bosser un peu son mental et sa discipline (sourire).

Vous avez gratté un peu de tunes lors du Cash For Tricks d’Anglet ?
C : J’ai uniquement gagné 50 euros et Naum, 150. Les règles sont simples, plus tu fais une énorme figure, plus tu gagnes d’argent. Les vagues étaient petites alors nous ne pouvions pas trop nous exprimer. De plus, la veille, nous avions un peu trop fêté la victoire de notre pote, Marc Lacomare, au WQS cinq étoiles de Newquay, en Angleterre (sourire).

Vous avez fait quoi de votre gain ?
C : Je l’ai toujours, j’ai été plutôt sage depuis ce contest.
N : J’ai acheté ma carte d’adhérent du Biarritz Olympique Pays Basque de rugby (rires).

Sinon vous gérez comment vos tunes ?
N : La fête, les voyages et puis après, nous payons la vie de tous les jours, les assurances, les voitures…
C : Nous commençons à considérer le surf comme un travail que nous désirons faire longtemps. Si nous voulons bien le faire, nous devons investir sur nous-mêmes. On nous donne de l’argent, à nous de faire les choix judicieux.
N : Si on m’appelle pour me dire qu’à Hawaii il y a un swell (NDLR que des vagues arrivent), et bien je sors de la tune de mon budget pour aller me faire shooter, histoire d’avoir des re- tombées médiatiques.
C : Le surf, c’est un truc individuel. Nous devons construire notre propre image dans ce milieu assez fermé aux européens. L’Europe n’est présente en ligue WCT (World Circuit Tour) que depuis quatre ou cinq ans. Il est grand temps de commencer à faire notre place sur les gros spots comme Tahiti, le Mexique, Bali, l’Indonésie et surtout Hawaii.

Comment réagissent les locaux quand vous débarquez chez eux?
C : À Hawaii, les types veulent préserver leurs vagues de toutes ces hordes de touristes. Il est primordial de faire preuve de respect et de sécurité dans les vagues. Avec Naum, nous la jouons profil bas, nous disons bonjour et nous attendons discrètement notre tour. Nous essayons de comprendre le truc. La vague se déroule dans un sens et c’est celui qui est placé à l’intérieur qui a la priorité. Nous avons déjà été témoins de vols de vagues qui se sont terminés par des coups de front sur le sable. †

Publié par Sébastien
Le 5th octobre 2010
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