Gilles Rod affiche 37 printemps au compteur et, pour reprendre ses dires, déconne un peu avec la photo. On se souvient de son exposition sur les hurluberlus du festival Burning Man dans le désert du Nevada et de ses images de concerts dans l’hebdomadaire Land. Aujourd’hui il ne le fait plus car ce mélomane ne pouvait plus apprécier les lives à leur juste valeur.
À défaut des show de grosses stars sans conviction, Gilles affectionne davantage les petits groupes inconnus qui gardent la pêche, notamment la programmation qu’offre le premier
étage du d:qliq. Lors de son adolescence, ce bonhomme à l’allure joviale, baignait dans la scène punk et hardcore qui gravitait autour de la Kulturfabrik. Il ajoute, en plaisantant, qu’il n’était pas stupide au point d’embrasser l’idéologie straight edge, comprenez abnégation totale d’alcool et de sexe. Il a d’ailleurs choisi de placer dans sa sélection le groupe Hüsker Dü, clin d’œil à cette épopée pleine de fougue. Ensuite, avec l’âge, le monsieur s’est ouvert à plein d’autres styles et part depuis dans toutes les directions. C’est d’ailleurs cette ouverture d’esprit qui la poussé à monter, avec Fred Baus, le duo de DJ malicieusement dénommé The Bud Spensers. Les deux acolytes communiquent sur le dancefloor leurs goûts musicaux étalés sur plus de six décennies. Gilles explique « chaque époque a connu des moments de grâce et une bonne chanson reste une bonne chanson, que ce soit du hip-hop, du post rock ou du trash métal. Si vous lui demandez pourquoi les Bud Spencers, il vous rétorquera avec un large sourire « mais t’as vu nos gueules » !
Dans son mixuriant, écoutable à volonté sur www.luxuriant.lu, Gilles a sélectionné son best of de l’instant même s’il regrette d’avoir oublié mille tracks et surtout un bon Beastie Boys. En vrac son voyage sonore témoigne de ses racines très orienté nineties mais s’il s’octroie un hommage un Gainsbourg, un message politique au sujet de la déforestation avec le morceau « Timber » de Goldcut et des choses plus récentes telles que TV On The Radio et Battles, les rockeurs du label Warp. Sonic Youth et The Pixies sont ses deux gourous d’ailleurs le carrelage de sa salle de bain représente carrément la première strophe de « Where Is My Mind » en morse. Pour finir, ajoutons que le type roule en Mustang Fastback de 66 et qu’il considère qu’il vient d’accoucher de la bande son idéale pour foncer sur la E411 jusqu’à Ostende histoire d’aller manger des moules et boire des bières.
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