Le régime est un poids pour mon bien être

Hamburger edito

Avec l’arrivée des beaux jours, la dictature des régimes a commence à  contaminer notre bureau. Les virées au Quick et McDo se sont métamorphosées en salades diététiques sorties du sac et avalées devant l’ordinateur. Le kebab de notre rue a carrément lancé une fatwa à notre égard. Le pizzaiolo du coin nous boude. C’est l’hécatombe des calories et, par exten- sion, du moral des troupes. Toute la rédaction fait « ceinture » façon régime totalitaire. Les bonnes choses sont interdites et les mauvais légumes insipides sont obligatoires.

De mon côté, je reste un inconditionnel de la bouffe, pas forcément la meilleure mais la plus décadente, la plus malsaine, la plus immorale. Je suis bien conscient du supplice que j’inflige à mon métabolisme et, maigre consolation, du calvaire bien plus pervers que su- bissent mes collègues en me regardent m’empiffrer à l’heure du déjeuner.

Mais ce tourment est une blague à côté  des tortures que Régis, notre journaliste 2.0, s’impose pour retrou- ver un physique de rêve. Notre geek officiel s’est mis en tête d’augmenter sa masse musculaire et de faire fondre quelques cellules graisseuses superflues en un temps record. Je le soupçonne de caresser le doux rêve de faire pâlir Georges Clooney devant la bouti- que Nespresso du centre ville, mais ceci est une autre histoire.

Son programme, dicté par le bouquin 4-Hour Body d’un certain Tim Ferriss, est atypique. Il débute sa journée par un quart d’heure de pompes, ensuite il se délecte d’une douche gelée, puis s’octroie un petit plat de lentilles bien mérité. Idem, arrivé au boulot, notre nerd préféré s’isole dans les toilettes pour enchaîner secrètement des tractions puis savoure trois autres repas complets à base de viande à gogo. Évidemment, sa liste des aliments prohibé s et aussi longue que le nombre de ses frags dans le jeu Call Of Duty. Le soir, pour décompresser, il se glisse des glaçons derrière la nuque, sur la glande hypophyse, afin de frôler l’hypothermie. Son futur corps d’athlète puise alors des ressources dans la graisse pour lutter contre la baisse de température juste avant un bon petit dodo réparateur. Et hop, rebelote pendant six jours mais le dimanche, incohérence métabolique et magie de ce programme spartiate, Régis doit entrer en orgie forcée, manger et boire  à s’en faire vomir histoire de stresser son or- ganisme et de l’entraîner à éliminer rapidement. Je conclurais par cette phrase de l’américain Joe Lewis, champion du monde de full contact : « Je me suis mis au régime : en quatorze jours, j’ai perdu deux semaines ».

Bon appétit.

Publié par Sébastien
Le 1st juin 2011
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