Gracile et fragile, Selah Sue, dès son plus jeune âge, rêvait son avenir en ballerine docile. Mais poussée par les inconstances de l’adolescence, la séraphine flamande pose progressivement ses anxiétés et ses maux de l’âme en proses musicales.
L’inspiration susurrée à son oreille par les anges de la soul music que sont Lauryn Hill ou Bob Marley, la belle, pour mieux sublimer ses écrits, exhorte les esprits de cette musique, en tirant de sa guitare fétiche des accords instinctifs et viscéraux. À 17 ans et la voix à peine confirmée, Selah Sue faisait déjà le pas de brûler ses ailes sur les planches des scènes plutôt que sur les bancs de l’école. Et là, telle une prophétie écrite, les chemins du succès, pourtant si tortueux, se sont ouverts à elle. Singulière, déterminée et profonde, la chanteuse belge vit son art de façon tellement unique, que des archanges bienveillants, comme Prince, Cee Lo Green ou Patrice, posent leur regard sur elle bien avant que l’album éponyme ne soit publique. Des prestations scéniques subjuguantes, à sa voix chaude et faussement éraillée, de son charme incontestable à ses hits sombres et mélodiques, il ne subsiste désormais aucun doute sur l’authenticité de son succès actuel. Un avenir radieux s’offre à cette jeune introvertie de 22 ans, au regard intense de cupidon. Interview avec une ingénue avant son concert le mercredi 14 décembre à la Rockhal.
Tes premières références musicales ?
À l’époque de mes 14 ans, j’ai écouté le MTV Unplugged No. 2.0 de Lauryn Hill des centaines et des centaines de fois. J’ai d’ailleurs appris à jouer de la guitare grâce à ce disque… En reggae, des pointures comme Damien Marley, Capleton et Sizzla m’ont fortement influencée aussi.
Rêvais-tu à l’époque de chanter devant des milliers de personnes ?
Pas vraiment, je suis toujours restée les pieds sur terre. Je me demandais chaque jour ce qui m’arrivait et surtout, comment j’allais faire face à autant de succès !
Ton prochain album ?
Il sera plus électronique car j’accorde en ce moment une attention toute particulière au dubstep et à la drum and bass. D’ailleurs, j’ai déjà fait quelques featurings avec AKS Sound System, des amis de Louvain-la-Neuve. Nous prévoyons, prochainement, de composer quelques tracks ensemble.
Nous parleras-tu encore dans tes textes de dépression ?
Pour moi, les mots et les mélodies sont très importants. Il est donc primordial d’inclure ces deux ingrédients dans mon travail. Comme mon premier opus était plus axé sur la dépression, les émotions parfois négatives, j’ai décidé de centraliser mes nouvelles chansons sur l’acceptation de soi, le fait d’être épanoui et heureux dans la vie de tous les jours.
Es-tu épaulée par les artistes belges ?
Absolument. Notamment par Mylo et Triggerfinger, avec lequel j’ai fait quelques morceaux. La Belgique n’a pas une superficie immense. Tout les chanteurs et artistes se connaissent, c’est un gros plus (rires).