Sub Culture

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J’anime chaque samedi, avec mon collègue Yann, le Nasty Show sur Radio Ara de 14 à 16 heures. Nous invitons dans les studios, avec beaucoup de bonne humeur et de second degré, la fine fleur de la scène musicale luxembourgeoise. Nous avons reçu, début 2012, une dépêche nous annonçant la création d’un nouveau gang de DJs baptisé Sub Culture. Leur ambition était claire : ils désiraient offrir une alternative aux soirées house sans saveur des lounges de la capitale et rassembler les kids du Grand-Duché autour des rythmes endiablés de la drum and bass, du dubstep et de l’électro.

Honnêtement, avec mon confrère, nous avons bien ri derrière les micros. Cependant, beaux joueurs, nous avons quand même salué l’initiative un brin naïve de cette sympathique bande de jeunes. Une année plus tard, j’ai un peu moins ri, lorsque Sub Culture a invité le Luxuriant DJ Crew à mixer à leurs côtés au d:qliq. Dès 22 heures, le spot de la rue du Saint-Esprit était bondé et les deux étages ont rassemblé plus de 700 fans en transe dans un lieu pouvant en contenir à peine la moitié. La ruelle était complètement bloquée, les vitres tremblaient sous le vrombissement des basses et le plafond suintait d’humidité. En quelques mois, les activistes de Sub Culture avaient réussi leur pari. Aujourd’hui, leurs soirées sont devenues des rendez-vous obligatoires systématiquement sold-out. Alors, pour me faire pardonner, et parce que Sophie, la secrétaire de l’ASBL, a des arguments imparables, je leur offre une interview dans Luxuriant autour d’une tournée de pintes fraîches à l’Urban Bar, juste en dessous des locaux d’Ara, rue de la Boucherie. La boucle est bouclée.

Pierre Gameboy est un technicien hors pair du turntablism, l’art d’utiliser une platine vinyle comme instrument de musique à part entière. Avec Toto Le Teuf, son frère d’armes, ils se produisent sur tous les line-up de la région sous le pseudonyme de The Gameboys. Le duo a récemment sorti dans les bacs un disque plutôt bien accueilli par la critique. Toto Le Teuf, au-delà de ses lacunes en grammaire française, vient juste d’être jeune papa et doit, responsabilité parentale oblige, ralentir un peu les bookings pour élever sa descendance. Pierre se retrouve à nouveau seul. « Toto reste à la maison. Il s’occupe de sa fille et se concentre davantage sur la composition. Ensemble, nous privilégions désormais les gros events. J’ai rejoint Sub Culture pour deux choses : ils ont réussi à faire revivre la drum and bass dans le coin. Je peux donc de nouveau passer mes scratchs sur de la bonne glitch-hop (NDLR du dubstep au tempo du hip-hop) et surtout, ils sont cool (sourire) ». À 32 ans, Pierre a pas mal bourlingué dans la scène locale mais il a toujours refusé de prêter allégeance à telle ou telle association. Certaines ASBL lui demandaient une exclusivité à 100 %, d’autres un pourcentage sur ses cachets, mais sa philosophie est ailleurs, dans l’échange, la liberté, le fun et l’amour du son.

Steven est également un passionné de musique électronique, notamment de drum and bass et de dubstep. Il se produit sous le pseudo de Skrizza, à ne pas confondre avec Skrillex, le pape adulé du dubstep interplanétaire. Sans plagiat aucun, Steven arbore ce surnom depuis des lustres, et même s’il respecte le DJ Californien chevelu aux lunettes carrés, il commence à le trouver un peu trop commercial. « Cela dit, grâce à lui, le dubstep s’est propagé à la vitesse de la lumière dans les medias, et c’est plutôt une bonne chose pour le mouvement ». Steven préfère des artistes comme Chase And Status, plus massifs et plus underground. Il a d’ailleurs déjà joué avec eux à la Rockhal devant près de mille personnes. Lors de ses études d’ingénieur du son à Bruxelles, Steven prenait, chaque weekend, le train pour se rendre à d’énormes rassemblements drum and bass à Anvers ou à Gent. Dès son retour à la maison, son diplôme en poche, l’ambiance des grosses soirées lui a rapidement manqué. « Je savais que le Luxembourg avait un vrai potentiel, alors avec deux copains, Sophie et Olivier, nous avons décidé de monter une structure solide avec des invités de renoms et la promotion des meilleurs DJs locaux ». Steven est, à 24 ans, le président de l’association, Olivier aka Oliver.d assure la fonction de vice président, et Sophie est la secrétaire. Laurent, un ami du crew, leur a trouvé le nom, un soir de beuverie au Seven Bar, leur quartier général à Bertrange. Sub Culture était né.

Rapidement, ils enchaînent les shows au Rocas, au d:qliq ou au Soulkitchen. Ensemble, ils caressent le rêve de pouvoir bientôt louer l’Atelier ou la Rockhal pour programmer leurs artistes préférés comme Metrik, Shockone, Tantrum Desire, Drumsound And Bassline Smith et Foreign Beggars, le groupe favori de Sophie. La jeune étudiante de 23 printemps assure la caution féminine de la bande. Elle partage la même passion musicale que ses potes DJs et passe la totalité de ses vacances estivales à courir les festivals du premier au dernier jour. « Sub Culture est une grande famille centrée autour du son. Steven, notre chef, est cool mais carré dans sa gestion de l’association. Même si c’est avant tout pour faire la fête, nous organisons sérieusement nos soirées. De plus, nous assurons la promotion de nos poulains, nous publions leurs mix via des podcasts, nous les faisons jouer régulièrement, nous agissons comme une agence de booking et surtout, ils profitent de l’aura du gang (sourire) ».

Les membres de Sub Culture développent tous une activité parallèle. Steven et Pierre travaillent dans le cinéma, Oliver.d dans l’administration, Theodor est concierge dans un lycée, Sophie, Twisted Frequencies, D-Lusion et Fedelux sont étudiants. Gros consommateurs de musique, ils gagnent tous suffisamment d’argent avec leurs bookings pour acheter leurs morceaux sur des plateformes de téléchargements légales types Beatport et Trackitdown. La plupart ne rigolent pas avec le piratage de mp3 de mauvaises qualités sur Internet. Ils veulent un bon gros son pour enflammer le dancefloor comme il se doit. Pierre a même d’autres priorités : « Si tu veux être pro, il fait jouer pro (sourire) ! De plus, quand tu vas mixer aux States, ils contrôlent la provenance de tes mp3 dans ton labtop, et tu peux risquer gros ».

Sub Culture recherche perpétuellement de nouveaux talents, à partir du moment où vous avez un bon esprit et un bon style derrière les platines. N’hésitez pas à leur envoyer un set sur leur page Facebook. Je laisse le mot de la fin à Oliver.d : « Nous vous attendons tous le 15 février au Soulkitchen pour notre soirée Electric Vegas, toujours sur deux salles, avec les meilleurs grooves de Sub Culture ! »

 

Ech animéieren all Samschdeg vun 14 bis 16 Auer, mat mengem Kolleg dem Yann, d’Nasty Show um Radio Ara. Mat vill gudder Laun am zweete Grad invitéiere mir d’Crème de la Crème vun der lëtzebuerger Museks Szen an eise Studio. Ufank 2012 si mir vun der Kreatioun vun enger neier Gang vun DJen, Sub Culture, gewuer ginn. Hier Ambitioun war kloer: Sie wollten eng Alternativ zum House an de Loungen vun der Haaptstad ubidden an d’Jugend aus Lëtzebuerg rondrem dee wëlle Rythmus vun Drum and Bass, Dubstep an Electro versammelen.

 

Ganz éierlech, ech hu gutt mat mengem Kolleg hannert dem Mikro gelaacht. An awer, als gudde Verléierer, hu mir d’Initiativ vun dëser jonker Band begréisst. Ee Joer méi spéit war mir d’Laachen du vergangen, wei Sub Culture d’Luxuriant DJ Crew invitéiert huet un hirer Säit am d:qliq ze mixen. Vun 10 Auer Owes un war d’Rue du Saint-Esprit iwerfëllt a méi wei 700 Leit an Transe hunn déi zwee Stäck befëllt woubäi eigentlech nëmmen d’Halschent erapasse sollt. D’Strooss war komplett blockéiert, d’Fënsteren hu vibréiert an de Plafond huet vu Fiichtegkeet gedrëpst. No puer Méind haten d’Aktiviste vu Sub Culture dat erreecht wat si sech erhofft haten. Haut sinn hir Soiréen ee « must » a systematesch ausverkaaft. Also, fir mech ze entschëllegen, a well d’Sophie, d’Sekretärin vun der ASBL, onwidderleebar Argumenter huet, offréieren ech hinnen en Interview am Luxuriant, an dat bei engem gudde Pint am Urban Bar an der Rue de la Boucherie, just ënnert de Lokaler vun Ara. De Krees ass vollstänneg.

 

De Pierre Gameboy ass en eenzegartegen Techniker vum « Turntablism », d’Konscht Vinyl Placken als eenzegt Museksinstrument ze benotzen. Zesumme mam Toto Le Teuf, sengem Waffebrudder, stinn si op alle Line-ups aus der Regioun ënnert dem Pseudonyme The Gameboys. Den Duo huet firu kuerzem en Disk rausbruecht deen eng éischter gutt Kritik kritt huet. Den Toto Le Teuf, ofgesi vu senge Lacunen an der franséischer Grammaire, ass firu kuerzem jonke Papp ginn an ass duerch seng Verantwortung als Elterendeel gezwongen, seng Engagementer ze reduzéieren fir säi Kand grouss ze zéien. De Pierre ass op e Neits eleng. « Den Toto bleift doheem a këmmert sech ëm säi Meedchen a konzentréiert sech emsou méi op d’Kompositioun. Zesumme privilegiéiere mir seitdeems déi grouss Evenementer. Ech sinn aus zwee Grënn Sub Culture beigetrueden: Si hunn et geschafft den Drum and Bass hei rëm operliewen ze loossen. Ech kann also rëm op guddem glitch-hop (NDLR vum Dubstep am Tempo vum Hip Hop) scratchen, an zemools sinn si cool drop (laachen) ». Mat 32 Joer ass de Pierre elo vill an der lokaler Szen rondrëm komm, mä hien huet sech ni iergendenger Associatioun ugeschloss. Verschidden ASBLen hunn him eng Exklusivitéit vun 100 % gefrot, anerer e Pourcentage vu senger Gage, mä seng Philosophie läit enzwousch anescht, an zwar am Austausch, der Fräiheet, dem Spaass an der Léift zur Musek.

 

De Steven ass genau sou passionéiert vun der elektronescher Musek, haaptsächlech vum Drum and Bass an dem Dubstep. Bekannt ass hien ënnert dem Pseudo Skrizza, net mam Skrillex, dem interplanetarem Poopst vum Dubstep, ze verwiesselen. Hien dréit säi Numm schon seit enger laanger Zäit an och wann hien de kaliforneschen DJ respektéiert, fënnt hien de Skrillex elo ze vill kommerziell. « Dat heescht, dass den Dubstep sech duerch hien mat Liichtgeschwindegkeet an de Medien verbreed huet, an dat ass eng wuel éischter gutt Saach fir des Bewegung ». De Steven huet léiwer méi massif an underground Artisten, esou wéi Chase and Status. Hien huet iwwregens scho mat hinne virun 1000 Leit an der Rockhal zesumme gespillt. Während sengen Etuden zu Bréissel fir Tountechniker huet hien all Weekend den Zuch op Antwerpen oder Gent geholl, an un énorme Rassemblementer vum Drum and Bass deelgeholl. Soubal hien mat sengem Diplom an der Täsch rëm zeréck a seng Heemecht koum, huet him d’Ambiance vun deene risege Soirée schnell gefeelt. « Ech wosst dass Lëtzebuerg e grousst Potential huet, also hunn ech mat zwee Kollegen, dem Sophie an dem Olivier, decidéiert eng zolitt Struktur mat renoméierten Invitéen ze schaafen an déi beschte lokal DJen ze förderen ». De Steven ass mat 24 Joer de President vun der Associatioun, den Olivier aka Oliver.d huet d’Funktioun vum Vize President, an d’Sophie ass d’Sektretärin. De Laurent, e Frënd vun der Crew, huet hinnen de Numm während engem sëffegen Owend an hirem Stammlokal, dem Seven Bar zu Bartreng, fonnt. Sub Culture war gebuer.

 

Schnell koum eng Show no daer anerer am Rocas, am d:qliq an an der Soulkitchen. Zesummen dreeme si dovun den Atelier oder d’Rockhal lounen ze kenne fir hir léifsten Artisten ewéi Metrik, Shockone, Tantrum Desire, Drumsound and Bassline Smith an Foreign Beggars, dem Sophie seng Liiblingsgrupp, an de Programm ze setzen. Des 23 Joer jonk Studentin séchert déi weiblech Säit vun der Band. Sie deelt déi nämlecht musikalesch Passioun mat hiren DJ Kollegen a verbréngt hier komplett Summervakanzen domat een Festival no deem aneren duerchzehuelen. « Sub Culture ass eng grouss Famill bei där sech alles em de Sound dréint. Eise Chef de Steven ass cool, mä karéiert wann et ëm d’Gestioun vun der Associatioun geet. Och wann et haaptsächlech drëms geet Party ze maachen, organiséiere mir eis Soirée ganz seriö. Dobäi assuréiere mir d’Promotioun vun eise Schützlingen, mir publizéieren hire Mix via Podcasts a loossen e réigelméisseg lafen, mir funktionéieren ewéi eng Booking Agence a si kennen zemools vun der Aura vun der Gang profitéieren (laachen) ».

 

D’Memberen vu Sub Culture féieren alleguer eng parallel Aktivitéit aus. De Steven an de Pierre schaffen allen zwee am Kino, den Oliver.d an der Administratioun, den Theodor ass Concièrge an engem Lycée an d’Sophie, Twisted Frequencies, D-Lusion a Fedelux si Studenten. Als grouss Musekskonsumenten verdéngen si alleguer genuch duerch hir Bookings fir hir Stécker op legalen Download Plattformen, esou wéi Beatport an Trackitdown, ze kafen. Déi meecht spaasse net mat der mp3 Piraterie vu schlechter Qualitéit am Internet. Si wëllen e gudde Sound fir dass et op der Danzpist och richteg ofgoe kann. De Pierre huet souguer nach aner Prioritéiten : « Wëlls du professionell sinn, da muss du dech professionell ginn (laachen) ! Dobäi, wann een an d’USA mixe geet, gëtt d’Hierkonft vun dengen mp3en an dengem Laptop kontrolléiert an do geet ee schon e gewëssene Risk an ».

 

Sub Culture ass stänneg op der Sich no neien Talenter, soulang dir geeschträich sidd an e gudde Stil hutt. Zéckt net hinnen e Set op hir Facebook Säit ze schécken. Ech loossen dann d’Schlusswuert dem Oliver.d : « Mir erwarden iech alleguer de 15te Februar an der Soulkitchen fir eis Electric Vegas Soirée, nach ëmmer an zwee Säll, a mat deene beschte Grooves vu Sub Culture ! »

 www.subculture.lu

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Sébastien
Le 31st janvier 2013
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