2015 : édition pleine pour Rock En Seine

DSC_2432 (c) Olivier Hoffschir

Ambiance tropicale les 28, 29 et 30 août derniers en banlieue parisienne. Nous n’étions pas au zoo de Vincennes mais à l’opposé, au Domaine National de Saint-Cloud, pour manger des décibels durant trois jours. Récit non-exhaustif au milieu des arbres et des kebabs à 12€.

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Vendredi tout est permis.
Et on se permet déjà ce titre racoleur en hommage au roi (Arthur) de l’entertainment de TF1. Arrivés relativement tôt sur le site, ça ne nous empêche pas d’avoir déjà loupés Ghost et leurs accoutrements soignés ainsi que le flow énervé de Kate Tempest. On arrivera sur les dernières notes de John Butler Trio, calés sur la grande scène. Direction donc Benjamin Clementine pour espérer voir un premier concert dans son intégralité. L’anglais et son piano à queue ont fait le tour des salles et des gros festivals depuis le début de l’année. La formule « plein air » reste un peu moins enthousiasmante que l’intimité d’une salle de concert obscure mais le festival est lancé, c’est tout ce qu’on demandait.

Retour sur la grande scène pour voir deux mexicains s’acharner sur leur guitare sèche. Rodrigo y Gabriela, qui ont pour habitude de retourner les stades (à en croire YouTube), seront donc les deux seuls protagonistes à animer toute cette foule. Avant d’être rejoints sur scène par une petite partie du public. Puis c’est le chanteur John Butler, présent à la même place quelques minutes avant, qui est invité sur scène. L’idée de reprendre « Happy » de Pharrell Williams ne me met pas une grosse banane sur le visage mais comme on parle du morceau le plus entendu de 2014, ça doit forcément parler à 100% du public.

On s’attarde peu sur le show millimétré de FFS – Franz Ferdinand & Sparks – car il était déjà temps d’abreuver nos gosiers. On profite d’ailleurs des nouvelles applis de paiement proposées pour tester la formule. Et formule gagnante puisque je ravitaille toute la troupe en trois minutes. C’est simplement mon historique bancaire du lundi matin qui sera un peu moins glorieux.

Iñigo Montoya, jeune pousse qui a la chance d’être programmé sur ce si gros festival, a visiblement « fait le job » si on en croit les applaudissements et les petites culottes lancées à Louis, le batteur du quatuor. Dommage que la « scène » s’apparentait plus à un bar à vins plutôt qu’à une scène digne de ce nom.

Après un ravitaillement à 27 euros – soit un kebab et une bière – on se dirige vers la grande scène pour voir les stars descendantes de la soirée : The Offspring. « Stars » car les californiens ont surement un beau billet pour venir assurer le show. « Descendantes » car si des mecs ont commencé à sortir des disques au 20ème siècle, leurs belles années sont forcément derrière eux. C’est physique. Et ça se sent. Je ne bougerai pas un sourcil devant le show des américains mais ça n’empêchera à la majorité de « revivre les années collège ». YOLO quoi.

Notre ping-pong pédestre continue pour aller soutenir Fauve dans l’un de leurs derniers concerts avant « de prendre une pause car un souvenir chasse le suivant, on ne profite pas assez ». C’est le constat de Quentin, le chanteur du collectif. On admettra que le concert était largement à la hauteur, de quoi nous en mettre plein les yeux et « Haut Les Cœurs ».

Notre vendredi s’achèvera avec le duo le plus improbable de la scène électronique : Boys Noize et Mr Oizo, réunis sous le pseudonyme de Handbraekes. On ne s’attendait à rien d’autre mis à part de la grosse turbine qui tâche. Et on a été servis. Boys Noize mixe environ 400 fois par an donc il peut caler des CD avec ses coudes tellement le zozo est affuté et Oizo en profite pendant ce temps-là pour prendre des vidéos avec son téléphone et remplir son éco-gobelet. Un vendredi qui se termine sous une techno qui tabasse et tout le monde repart comme il était venu : avec le sourire (mais avec un peu moins de sous dans le porte-monnaie).

Mr Oizo, casquette rouge à droite,  trinquant à la santé du peuple venu en  masse. 

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Samedi c’est raviolis.
Désolé pour ce deuxième titre racoleur, c’était ça ou un jeux de mots liés à une pratique sexuelle douteuse. Agréable certes, mais douteuse.

Le samedi démarre encore mieux que le vendredi, étant donnée que la boue a un peu séchée sur place, on est un peu plus à l’aise dans nos baskets. Le temps de se poser sur la butte de la scène de l’industrie – mention spéciale à cette nouvelle orientation de la scène, beaucoup plus pratique pour tout le monde – avec DBFC. Le public est super chaud mais les 32°C mélangés à l’alcool doit favoriser les déhanchés. On translate de quelques mètres pour aller assister au premier festival français de Marina And The Diamonds. Et c’est pour cette raison que vous aurez droit à une photo « vue de devant + vue de derrière », et uniquement pour cette raison. L’américaine a sorti la combi’, les lunettes mais nous a épargné les « oh my God Paris, this is amazing ». Un show où les envolées lyriques et les coups de bassins ont donné le ton : chaud et puissant.

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Vient alors la « star attendue du festival », comme l’avaient vendus certains confrères, le rappeur Young Thug. Grosse débandade. Le rappeur aura laissé son DJ balancer du son pendant que lui se contentait de faire des apparitions sur la scène et à beugler quelques punchlines sans saveur. Le plus étonnant ? Le public semblait ravi de la pseudo-performance et n’a pas déserté les lieux. Etrange.

On préfère glisser vers une autre star, légitime et bien présente elle : Etienne Daho. De mon petit frère à ta grand-mère, personne ne rechigne à venir danser sur Etienne. Pas de titres trop obscurs, que les hits bien sûr. Et on sent bien que l’artiste est ému en fin de concert, prenant le temps de saluer longuement la foule avec ses musiciens.

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La suite est beaucoup moins réjouissante et je ne sais pas encore que le meilleur du festival est déjà derrière moi. J’appréhendais en me dirigeant vers Carl et Pete, appréhension guidée par la peur de cette version 2015 des Libertines. Et quatre chansons plus tard, je ne suis pas surpris du spectacle. C’est triste, le batteur – le plus en forme des quatre – n’est même pas éclairé et les silences entre les chansons sont interminables. Je me rallie donc à la petite bande qui préfère danser devant Gramatik. Double peine. A tel point que j’étais à deux doigts de retourner devant les rockeurs anglais. Je découvre donc que la deuxième chose que je déteste dans la vie après le reggae, c’est l’électro-swing. Mais on ne va pas se plaindre, on en profite pour papoter et picoler.

On termine devant un Jamie XX en forme, lui et sa grosse boule à facettes. Fin de l’aventure pour 2015 mais il parait que le dimanche a proposé de belles choses. En attestent les replays vidéos de Tame Impala, Last Train et surtout Fuzz.

Edition réussie. Belle manière de conclure l’été et de s’en coller une dernière avant la rentrée.

On retiendra :
les 120 000 festivaliers, record depuis la création du festival,
les 240 000 paire de Adidas Stan Smith, record d’originalité depuis l’origine du monde,
et les 345 900 selfies devant les néons « Rock En Seine ».

Ecrit par Yannick YaPoin, aidé par Séverine & Lisette.

photos : Nicolas Joubard, Victor Picon, Olivier Hoffschir.

Ambiance-©Nicolas Joubard-1336 VP2_6060RES_(c)VICTOR_PICON

Publié par webmaster
Le 1st septembre 2015
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