Rock En Seine – la cuvée 2015 plantée à St Cloud

Si vous n’avez pas cramé tous vos euros en Croatie, si votre foie a survécu au forfait « all inclusive » de la Costa Brava et si vos tympans acceptent encore des décibels après votre séjour à Ibiza, alors le dernier gros festival de l’été parisien peut être un bon moyen de conclure l’été. Rock En Seine se la donne sur le domaine national de Saint Cloud les 28, 29 et 30 août prochains.
Name-dropping traditionnel, entre headliners et découvertes de l’année : Tame Impala, Fauve, Etienne Daho, The Offspring, Son Lux, Kate Tempest, Iñigo Montoya! et beaucoup beaucoup d’autres.

Focus sur quelques artistes que vous pourrez croiser à Luxembourg avant la fin de l’année.

JAMIE XX
Jamie Smith avait déjà conquis la planète en la parcourant en trio au sein de The XX. Jamie
XX vit désormais seul, et désormais affublédu patronyme d’un groupe dont il détient la
substance, il voyage tout aussi bien à l’heure de publier son premier disque. Depuis des mois
qu’il laisse entendre des singles sublimes à la horde des férus de consonnes, le long format
semblait un horizon trop lointain, un ailleurs idéal.En rassemblant les milles nuances entrevues dans ces titres, Jamie XX propose enfin, avec In Colours, la synthèse parfaite de l’électronique et
de la pop, du clair et de l’obscur, de l’oubli et de la méditation. Un miracle de plus pour celui qui
avait, en 2011, donné un second souffle inespéré à Gil Scott-Heron. Lettre compte double.

GHOST
Les Suédois de Ghost ne lésinent pas sur la liturgie lorsqu’il s’agit de célébrer une messe noire devant un parterre de fidèles dévoué à la cause du hard rock : derrière le prêtre noir Papa Emeritus 2, qui a succédé lors d’une cérémonie démoniaque à Papa Emeritus et qui ferait passer le grand mage du Temple Maudit d’Indiana Jones pour un teletubby, les musiciens ne répondent à aucun nom connu mais sont identifiés par des symboles… La mise en scène n’est cependant pas l’aspect le plus impressionnant d’un show de ces fantômes venus du froid. Préparez-vous à vous prosterner devant la mystique obscure déployée par Ghost.

JEANNE ADDED
C’est un peu l’histoire d’une rébellion qui mène Jeanne Added sous un plan de feu super-sized de Rock en Seine. Celle d’une violoncelliste biberonnée au jazz et qui a orchestré sa sortie d’un circuit qu’elle arpentait sous les honneurs pour quitter le costume trop étroit d’interprète. La mise
en danger : une sensation présente à l’écoute des essais pop de cette virtuose au cursus musical impressionnant, pied électronique, post-punk, voix céleste ou frondeuse, forcément, mais surtout une évidence, mise en scène par Dan Levy, déjà à l’œuvre au sein de The Dø. Jeanne Added a
tous les arguments pour rassembler grand public et critique autour de sa spectaculaire métamorphose.

SON LUX
Le New-Yorkais Ryan Lott élabore, à l’abri de la chambre noire qu’il a baptisé Son Lux, certains
des plus saisissants extraits de pop moderne qu’il soit donné d’entendre de nos jours. Les formats de Son Lux, disséminés sur trois albums et deux EPs, encapsulent comme très peu d’autres peuvent y prétendre, à la fois l’air du temps et ses plus infimes nuances, du noir total au gris clair, et une sensibilité qui confère à sa pop une dimension grandiose. Acquis à ses claviers, escorté d’un batteur génial et d’un guitariste inspiré, Lott prend tout son temps sur scène pour étirer ses morceaux et les tordre jusqu’à offrir à un public stupéfait la sève de ce que devrait être n’importe quel concert, un concentré de passions.

STEREOPHONICS
Dans une contre-allée bordée d’élégantes essences d’arbres centenaires, Stereophonics poursuit inlassablement son chemin sur les routes du rock, abrité des contingences extérieures. Déjà, tandis que Blur et Oasis étaient encore occupés à batailler pour la domination du Royaume, ces Gallois s’emparaient tranquillement d’un Brit Award de meilleur espoir rock. C’était en 98, et Kelly Jones nous souhaitait « Have A Nice Day » pour la postérité. Une dizaine d’albums plus tard, le quatuor regarde toujours sereinement les Gallagher moquer Blur tout en publiant un nouveau disque dont le titre Keep The Village Alive fait figure de programme et l’extrait C’est La Vie sonne comme un appel à son public français.

BALTHAZAR
Le véritable roi des Belges, c’est Balthazar. Le plat pays du rock mérite encore plus son surnom
depuis l’apparition des Courtraisiens sur sa fertile scène, il y a seulement cinq ans, avec un album au titre qui prédisait l’accueil phénoménal des apparitions futures du quintet. Rats succédait en 2012 à cet inaugural Applause et asseyait Balthazar sur le trône, grâce à une pop aux élégants accents crépusculaires, comme si Arcade Fire avait fait dans l’épure. Une tournée gigantesque scellait le sort des cinq, désormais colocataires de tourbus à l’année. Thin Walls, récent troisième album, conte ces liens exceptionnels et consacre Balthazar comme le groupe le plus passionnant du vieux continent pour encore de nombreux mois sur les routes.

. . . infos festival . . . http://www.rockenseine.com/

Publié par YaPoin
Le 25th août 2015
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