Timide, passionné, investi, prolixe mais frustré, Camille Koener, le président de la Femo, fait de la mode luxembourgeoise son champ de bataille. Ne vous étonnez pas si, vêtu d’une cagoule de terroriste, il fera bientôt la une des quotidiens car il aura plastiqué de C4 les stations services et les supermarchés du Grand-duché…

Histoire de la Femo ?

Depuis fin 2007 la Femo, la fédération de la mode, regroupe sous une même enseigne le textile, la maroquinerie et la chaussure, le tout sous la houle de la CLC et de son éminence grise, Thierry Nothum.

Votre rôle ?

J’avais envie d’être actif même si je n’avais aucune expérience dans ce domaine si ce n’est d’être moi-même commerçant avec les enseignes Tomcat et Casting. J’ai été élu président par les 12 membres fondateurs le 1er octobre 2007.

Qu’est ce qui a précipité cette création ?

Une enquête réalisée par TNS ILRES qui cherchait à expliquer pourquoi les Luxembourgeois dépensaient beaucoup d’argent chez nos voisins frontaliers prétextant un meilleur choix et des vendeurs plus souriants. Il était important de réagir.

Aie, ça fait mal ?

D’autant plus que c’est complètement injustifié car énormément d’Allemands, de Français et de Belges consomment chez nous car nous disposons d’un choix de produits que eux ne possèdent pas forcément.

Votre plan d’attaque ?

Le gouvernement a débloqué des fonds pour que le Grand-duché devienne un important pôle du commerce de la grande région. Nous avons donc commencé à travailler sur des formations d’accueil pour le staff. Nous collaborons étroitement avec la CLC sur un site web qui répertorie la totalité des marques présentes dans le pays et qui a créé le site goodidea.lu sur le shopping à Luxembourg.

Nous avons réintroduit le mantelsonndeg prévu le dimanche 26 octobre et qui sera promu par des actions publicitaires dans la grande région.

Nous organisons une superbe christmas party pour tout le personnel de nos membres intéressés le 22 novembre sur les rives de Clausen.

Alors heureux ?

Plutôt frustré de voir si peu des commerçants affiliés à la Femo. Nous sommes quand même là pour défendre leurs intérêts avec une réelle écoute du ministère de l’économie.

Mode de conso local ?

Le marché est trop petit et les gens on peur de leur propre courage. Personne n’ose comme dans les rues de Londres, de Paris ou de New York. Alors cette année ça sera encore la mode du noir et de l’anthracite.

Budget ?

L’essence et la nourriture n’arrêtent pas d’augmenter alors que le prix du vêtement stagne depuis 5 ans. Quand vous allez à la pompe ou au supermarché avec votre caddy, est-ce que vous demandez une réduction parce que vous êtes bon client ? Non ! Alors pourquoi systématiquement en demander une pour le textile qui obligera fatalement le vendeur à grignoter sur sa marge, déjà faible. C’est quelque chose qui m’énerve profondément.