GTI ou comment trois lettres peuvent tout changer

En 1976, Volkswagen révolutionna le monde automobile avec la Golf GTI, une petite citadine compacte, sobre, bien finie, alliant fiabilité, basse consommation et puissance grâce à son injection. Elle fut la voiture à tout faire, à l’aise en ville, en promenade du dimanche ou sur une spéciale de Rallye. Elle a été maintes fois copiée, souvent en moins bonne, mais aussi, comme certains le pensent, en mieux, notamment par Peugeot et sa mythique 205 GTI en 1984. Cette petite bombe restera toujours, pour l’amateur d’automobiles, une voiture de légende de par les sensations qu’elle procurait.

Il faut savoir vivre avec son temps

Malheureusement, il serait impossible de recréer une 205 GTI à l’identique aujourd’hui car il faut compter avec l’évolution des mœurs, à savoir, toujours plus de confort, d’économie et de sécurité. Il en est ainsi et il faut (malheureusement peut-être) tourner la page et se tourner vers l’avenir. Peugeot joue maintenant une autre carte, celle de la sportivité raffinée. Avec son allure féline, chic et élégante à la fois, la 208 GTI passera, pour l’œil non-avisé, pour une simple citadine lambda. On soulignera toutefois la multitude de petits détails comme les logos GTI ici et là, la calandre noire laquée et chromée, les bas de caisse et élargisseurs d’ailes discrets, les jantes de 17 pouces, le becquet de coffre ou encore la double sortie d’échappement trapézoïdale. L’intérieur fait dans le même style avec beaucoup de touches rouges, une qualité perçue des matériaux et des assemblages en net progrès par rapport aux anciens produits de la marque au lion. Pas de chichis, le résultat est équilibré et élégant.

Puissance, légèreté et agilité

Elle ne pourrait avoir un logo GTI si elle n’avait pas un châssis et un moteur au top ! On a donc, sous le capot, le moteur THP turbo-compressé (twinscroll avec fonction overboost) 1.6 l de 200 cv qui sort aussi 275 Nm de couple sur le train avant, accouplé à une boîte à six rapports raccourcis, bien agréable à manier. Pas de boîte robotisée ou à double-embrayage (comme chez Renault avec la nouvelle Clio RS), mais une bonne boîte manuelle qui, au final, implique plus le conducteur dans le plaisir du pilotage. Un moteur en bonne santé qui, bien que docile et économe (consommation mixte : 5,9 l/100 km), ne demande qu’à être poussé.

La plateforme légère de la 208 permet au rapport poids/puissance de descendre à 5,8 kg/cv car la 208 GTI ne fait que 1160 kg (50 kg de moins que sa concurrente principale, la Clio RS). Moins de poids, c’est forcément plus d’agilité. Grâce à sa direction très directe (volant un peu trop petit à mon goût), ses suspensions raffermies et ses voies élargies à l’avant comme à l’arrière, elle change de trajectoire très rapidement et arrive, même à rythme soutenu, à se faufiler n’importe où. Malgré une assise un peu trop haute, les sièges sont très confortables et le maintien latéral est très correct.

Conclusion

Peugeot a réussi là où d’autres constructeurs ont échoué : garder les éléments principaux de la recette des succès passés (agilité, fun, puissance) et les mettre dans un produit attractif de bonne qualité et moderne. Un seul reproche à lui faire : peut-être est-elle un petit peu plus sage que la GTI d’antan. Elle se débrouille très bien dans tous les domaines mais manque, par exemple, d’un peu de caractère au niveau moteur. Peugeot nous réservera peut-être une surprise dans un futur proche avec une GTI plus affûtée ?

Les Plus

– agilité ;

– châssis incisif ;

– moteur souple ;

– boîte manuelle.

Les Moins

– sonorité de l’échappement un peu étouffée ;