Depuis le 12 octobre, Brent Birnbaum investit l’« Aquarium » du Casino Luxembourg. Il y présente, jusqu’au 1er décembre, une exposition monographique baptisée Ride (W/) The Wind. L’Américain a construit neuf chambres décorées avec des bibelots chinés dans les marchés aux puces de Brooklyn. Chaque pièce interroge le visiteur sur les aléas de sa vie, au gré du vent, de la naissance jusqu’à la mort. Génial ! Mais qui est ce grand barbu en Nike Air Max toute tâchées de peinture ? Sur Google Images, je trouve pléthore de photos de l’artiste déguisé en Vanilla Ice ou en train de nager nu dans une piscine gonflable pour bébé. Ce Newyorkais complètement dingue mérite donc de s’expliquer dans Luxuriant.

Où nous emmène ton dédale de salles colorées ?                         

La définition de la folie est de répéter la même chose sans arrêt et de s’attendre à différents résultats. Chaque chambre a l’air très similaire. Un livre, une table, une chaise, mais les détails et les couleurs changent. En traversant, vous avez la sensation étrange d’être toujours au même endroit, mais pas tout à fait. J’ai gravé, avec un couteau, des chiffres et des dates sur les murs, comme dans une prison ou un repère de serial killer. Encore un autre indice à déchiffrer sur les hauts et les bas de notre existence.

Quel a été le moment le plus pénible de ta carrière ?

Une performance, récemment, face contre terre, étendu dans une micro piscine, sans bouger pendant deux heures, au milieu d’observateurs un peu perplexes. C’était physiquement très éreintant.

Et le meilleur ?

Il y a trois ans, en Islande, un show qui aurait du être douloureux, mais qui s’est avéré très agréable. Je me suis tailladé le mot « thanks » sur la poitrine avec un canif, devant une trentaine de spectateurs. Certains ont quitté la salle, les autres sont restés à me fixer, silencieux, figés. Je suis rentré en transe. J’ai encore les cicatrices (il me les montre).

Quelles interrogations soulèvent ton installation ?

Les questions sont écrites sur les murs, mais lors de sessions spéciales, je serai à l’entrée et je donnerai une feuille aux gens pour qu’ils y répondent. Je leur demanderai quel est leur métier de rêve, combien de temps pensent-ils qu’il leur reste à vivre ou combien d’argent ont-ils sur leur compte bancaire ?

Toi tu as combien à la banque ?

À peu près 2000 dollars. Toutes mes économies partent dans ma collection d’objets kitsch et anciens (rires). En ce moment, je recherche des vieux réfrigérateurs des années 80. Je les stocke pour en faire une sculpture. J’en ai déjà 20. J’utilise toujours mes babioles dans mes expositions.

Qu’as-tu acheté au Grand-Duché pour ta collection ?

Un mug du mariage du couple héritier. On m’a d’ailleurs prévenu qu’il était interdit d’utiliser l’image de la famille royale dans mon travail.

Es-tu un vrai fan de Vanilla Ice ?

Je n’aime pas sa musique mais j’adore ses objets dérivés. J’en ai 280 dont une couette à son effigie achetée 150 dollars sur eBay. J’essaie, dans ma frénésie, de ne jamais aller au delà de cette somme.  

Pourquoi accumuler autant de reliques d’un rappeur commercial has been ?

Je collectionne aussi des breloques sur Dennis Rodman et Brian Bosworth, un joueur de football américain, tous les trois originaires de Dallas, comme moi. Je prépare une grande monographie en hommage à la ville où je suis né (sourire).