Lydia Mutsch, bourgmestre de la Ville d’Esch-sur-Alzette, me reçoit dans les bureaux du LSAP, 34 rue du Marché-aux-Herbes à Luxembourg-ville. Pas vraiment surprise par les résultats des élections du dimanche 20 octobre, son parti conserve 13 sièges, la députée prépare activement l’arrivée de milliers d’étudiants dans sa commune. Grâce à la nouvelle université de Belval, la socialiste souhaite réinventer la mégalopole du fer en cité du savoir. Toujours attentive à l’égalité des chances et au dynamisme économique du sud du pays, nous avons abordé ensemble l’avenir de la deuxième plus grande ville du Luxembourg.   

 

Avec qui allez-vous fêter votre réélection ?

 

Avec ma famille, mes amis et ma section eschoise du LSAP qui ma toujours soutenue. Nous avons une équipe formidable.

 

Votre style musical préféré ?

 

Le rock pop. Je suis une grande fan des Red Hot Chili Peppers. J’aime me rendre, de temps à autre, à des concerts. Récemment, je suis allée applaudir Pink à la Rockhal.

 

Votre livre favori ?

 

« L’Étrange Voyage de Monsieur Daldry » de Marc Lévy. Je lis surtout en vacances et les week-ends. J’essaie, pendant mes congés, de me déconnecter complètement de ma fonction et  de ne regarder mes mails qu’une fois par semaine. Cependant, en cas d’urgence, mes échevins m’envoient un SMS. J’adore partir 15 jours pour faire un break, combiner la découverte pendant la moitié du séjour et me relaxer à la mer l’autre moitié.

 

La qualité que vous préférez chez un être humain ?

 

L’intégrité. J’essaie de l’être même si je doute que l’intégrité à 100 % existe vraiment.

 

En tant que femme, quel problème communal vous sensibilise le plus ?

 

La pauvreté et l’échec scolaire en fonction du contexte social.

 

Le don de la nature que vous voudriez avoir ?

 

Guérir.

 

Quel est votre rêve de bonheur ?

 

Être en bonne santé, amoureuse et voyager. Pour le moment c’est tout moi (rires).

 

 

 

 

Le pays où vous souhaiteriez vivre à part le Luxembourg.

 

La Chine. Cette nation compte le plus grand nombre d’habitants sur Terre. Elle est en pleine évolution avec un pouvoir économique absolument sous-estimé par l’Europe.

 

L’animal dans lequel vous aimeriez être réincarnée ?


 

Mon chat Heidi. Nous avons choisi son nom en famille lors d’un vote secret (sourire).

 

Le mot que vous détestez ?

 

Impossible.         

 

Le métier que vous vomissez ?

 

Proxénète, c’est un boulot abominable. Heureusement, à Esch nous n’avons pas de problèmes de prostitution.

 

Le bruit que vous haïssez ?

 

Le robinet qui fuit ou le son hyper fort du pot d’échappement d’une automobile « tunée ». Personnellement, je roule en Saab 93, c’est moins bruyant.

 

Mais toujours plus qu’une voiture électrique…

 

Je suis sensible aux énergies renouvelables. Notre plan d’action dans le cadre du pacte climat vise plusieurs domaines : l’économie d’énergie, l’aménagement de jardins éphémères, la non-utilisation de pesticides et évidemment l’électro-mobilité. Nous avons été les premiers à installer des bornes de recharge pour les voitures électriques dans nos zones de stationnement. Nous connaissons des problèmes de circulation, mais pas plus qu’ailleurs. Nous faisons des efforts, notamment avec la création de six parkings souterrains communaux. Je souhaiterais un tramway entre Esch et la capitale qui pourrait aussi connecter toutes les localités du sud. Le train ne suffit pas. Nous en discutons avec le gouvernement mais le projet a été retardé par la crise.

 

Quelles sont les priorités du budget 2014 ?

 

L’université qui s’installe à Esch et la qualité de vie dans tous les quartiers de ma ville.

 

Votre développement économique s’axe-t-il uniquement en tant que future ville universitaire ?

 

Non, ce n’est jamais positif de développer une économie monolithe comme nous l’avons fait par le passé avec l’industrie ou aujourd’hui, avec les banques autour de Luxembourg-ville. L’université sera notre locomotive pour construire un pilier économique autour des sciences et du savoir. Nous devons cependant continuer à développer également le commerce et les services. Nous avons la plus grande zone piétonne du Grand-Duché. Profitons-en. Nous privilégions aussi le design et l’architecture.

 

 

Esch-sur-Alzette est-elle déjà prête à accueillir les étudiants ?

 

Il persiste un peu de retard au niveau de l’ouverture de l’université de Belval. C’est normal pour un chantier de cette envergure. De nouveaux emplois vont être créés pour accueillir 7000 étudiants, professeurs et employés. Nous préparons le terrain pour offrir à tout ce monde des accès à la culture, au sport, des logements, des restaurants et des bistrots. J’ai fait mes études en Allemagne à Göttingen, une bourgade de 120 000 habitants dont 25 000 étudiants. Je sais que les jeunes ont beaucoup d’énergie à revendre (sourire). Les étudiants ne seront pas cantonnés au campus de Belval mais dans tous les quartiers d’Esch et par extension, dans la totalité du sud.

 

Aujourd’hui, votre commune offre-t-elle toujours une cohésion sociale ?

 

Bien sûr, mais comme partout, la mixité ne se passe pas toujours très bien. Nous essayons de voir continuellement le côté positif qu’offre la diversité et le côté multiculturel, mais nous rencontrons des difficultés, particulièrement au niveau de l’enseignement. Nous avons un système scolaire plutôt germanophone, notamment les premières années. Esch compte 54 % d’étrangers, surtout des Portugais, plus proches de la culture francophone. Nous sommes très ouverts aux nouvelles pistes prévues dans le cadre des réformes de l’enseignement en cours pour offrir notamment une filière francophone dans les écoles primaires et l’enseignement secondaire.

 

Observez-vous, avec la crise, une montée du racisme et de la xénophobie ?

 

Je ne le vois pas, mais nous devons toujours rester vigilants. Nous abritons à Esch le Musée national de la Résistance. Il traite de sujets d’intégration et de tolérance en général, pas seulement en relation avec les problèmes de la Seconde Guerre mondiale. Il est primordial de signaler dans tous les domaines de la politique communale que la diversité constitue une richesse et non pas un risque.

 

Quel est, selon vous, le premier pas à faire pour s’intégrer ?

 

Respecter mutuellement la différence.

 

Esch vit-elle perpétuellement dans l’ombre de la capitale ?

 

Il n’existe pas réellement de rivalité entre les deux villes. Cela dit, cette histoire est vieille comme Mathusalem. Les gens de Luxembourg-Ville viennent rarement à Esch, mais nous, nous allons partout. Il subsiste des préjugés quant à la Ville du fer. Les gens imaginent toujours une cité grise avec des bagarres à tous les coins de rue. Je les invite à venir découvrir la vérité. Moi, je suis fière de ma commune. Nous n’avons peut-être pas les mêmes moyens financiers que la capitale mais nous avons la créativité, la volonté et les idées. De plus, nous savons gérer depuis toujours les finances limitées.

 

 

 

D‘Madame Lydia Mutsch, Buergermeeschtesch vun Esch-Uelzecht, erwaard mech an de Büroe vun der LSAP, Nummer 34 um Krautmaart an der Stad Lëtzebuerg. Net wierklech iwwerrascht iwwert d’Wahlresultater vum Sonndeg, dem 20 Oktober, hir Partei behält 13 Setz, preparéiert d’Deputéiert aktiv d’Arrivée vun Dausende vu Schüleren. Dank der neier Universitéit zu Bieles well d’Sozialistin d’Eisen-Mégalopol erëm nei zou enger Wëssens-Stad erfannen. Mat vill Opmierksamkeet fir d’Egalitéit vun de Chancen an der ökonomescher Dynamik vum Süde vum Land, hu mir zesummen iwwer d’Zukunft vun der zweet gréisster Stad aus Lëtzebuerg geschwat.

Mat weem wäert Dir Är Réelectioun feieren?

Mat menger Famill, menge Frënn a menger Escher Sektioun vun der LSAP déi mech ëmmer ënnerstëtzt huet. Mir sinn eng formidabel Equipe.

Wei een Stil vu Musek lauschtert Dir am léifsten?

Rock Pop. Ech sinn e risege Fan vun de Red Hot Chili Peppers. Ech ginn och alt mol op Concerten. Fir d’lescht war ech d’Pink an d’Rockhal kucken.

 Wat ass Äert léifstent Buch?

„L’étrange Voyage de Monsieur Daldry“ vum Marc Lévy. Ech liesen haaptsächlech an der Vakanz oder de Weekend. Ech probéiere während mengem Congé komplett ofzeschalten a gi meng Mailen och nëmmen ee Mol an der Woch liesen. Am Noutfall schécken d’Schäffe mir awer eng SMS. Ech gi gäre mol fir 15 Deeg fort fir eng Paus ze maachen, woubäi ech déi eng Halschent notze fir Neies ze entdecken an déi aner fir um Mier ze relaxéieren.

Nennt mir eng Qualitéit déi Dir un engem Mënsch am meeschte schätzt?

D’Integritéit. Ech probéieren et ze sinn och wann ech mir net sécher sinn dass eng 100 prozenteg Integritéit existéiert.

Wei een Gemenge Problem sensibiliséiert Iech als Fra am meeschten?

D’Aarmut an d’Versoen an der Schoul a Funktioun vum soziale Kontext.

Wat wier en natierlechen Don deen Dir Iech géift wënschen?

Heelen.

Wat ass Ären Dram vum Gléck?

A gudder Gesondheet ze sinn, verléift ze sinn a vill ze reesen. Fir de Moment beschreift dat mech ganz gutt (laachen).

A wei engem Land géift Dir ofgesi vu Lëtzebuerg gäre wunnen?

A China. Dëst Land zielt déi meeschten Awunner op der Äerd. China ass staark um evoluéieren an huet eng ökonomesch Muecht déi vun Europa weit ënnerschätzt gëtt.

Als wei een Déier géift Dir am léifste reinkarnéiert ginn?

Als meng Katz Heidi. Mir hunn hiren Numm an der Famill mat engem anonyme Vote gewielt (laachen).

Wat ass dat Wuert wat Dir net gären hutt?

Onméiglech.

Wei ee Beruff verabscheut Dir?

Zouhälter. Dat ass en abscheileche Beruff. Glécklecherweis hu mir zu Esch keng Problemer mat Prostitutioun.

Wei ee Geräisch kennt Dir net ausstoen?

En ondichte Krunn oder den haarde Kaméidi vum Auspuff vu „getuneten“ Autoen. Ech perséinlech fueren an engem Saab 93, dee manner Kaméidi mécht.

An awer nach ëmmer méi wei en elektreschen Auto…

Ech këmmere mech schonn ëm erneierbar Energie. Eisen Aktiouns-Plang am Kader vum Klima Pakt betrëfft verschidden Domänen: D’Ariichte vu saisonale Gäert, d’Vermeide vu Pestiziden an natierlech d’Elektro-Mobilitéit. Mir waren déi éischt déi Elektro-Tankstelle fir déi mat Stroum gedriwwen Autoen installéiert hunn. Mir hunn och Verkéiers Problemer, mä net méi wei enzwousch anescht. Mir maache Fortschrëtter, net zulescht mam Bau vu 6 ënnerierdesche Parkingen an eiser Gemeng. Ech géif mir en Tram tëscht dem Süden an der Haaptstad wënschen, sou dass all d’Lokalitéite vum Süde matenee verbonne sinn. Den Zuch geet net duer. Mir hu scho mat der Regierung diskutéiert mä de Projet gouf wéinst der Kris vertagt.

Wat sinn d’Prioritéite vum Budget 2014?

D’Universitéit déi grad zu Esch entsteet an d’Liewensqualitéit an all de Quartiere vu menger Stad.

Riicht Är ökonomesch Entwécklung sech ausschliisslech op eng zukünfteg Universitéitsstad aus?

Nee, et ass ni positiv eng monolithesch Ökonomie ze developpéieren esou ewéi fréier mat der Industrie oder haut, mat de Banke rondrëm d’Stad Lëtzebuerg. D’Universitéit waert eis Lokomotiv sinn fir eng ökonomesch Stëtz rondrëm d’Sciencen an d’Wëssen opzebauen, mä mir musse weiderhin eise Commerce developpéieren. Mir hunn déi gréisste Foussgänger Zone aus dem ganze Grand-Duché. Dovu musse mir profitéieren. Mir privilegiéieren och den Design an d’Architektur.

Ass Esch-Uelzecht scho prett fir d’Studenten ze empfänken?

Et gëtt e klenge Retard wat d’Ouverture vun der Universitéit ubelaangt. Wat bei engem Chantier vu sou enger Gréisst awer normal ass. Nei Aarbechtsplaze gi geschaf fir déi 7000 Studente, Professeren an Employéen ze empfänken. Mir preparéieren den Terrain fir all deene Leit en Accès zur Kultur, zum Sport, zu Logementer, Restauranten a Bistroen ze bidden. Ech hu meng Etuden an Däitschland zu Göttingen gemaach, eng Stad mat 100 000 Awunner an dovu 25 000 Studenten. Ech weess dass déi Jonk méi wei genuch Energie hunn (laachen). D’Schüler wäerten net nëmmen um Campus vu Bieles aquartéiert sinn, mä an allen Quartiere vun Esch a souguer vläicht am ganze Süden.

Offréiert Är Gemeng och haut nach ëmmer e sozialen Zesummenhalt?

Natierlech, mä wei iwwerall ginn et bei esou engem Mix alt emol Differenzen. Mir probéieren ëmmer déi positiv Säit vun der Diversitéit an dem Multikulturellen ze gesinn, awer mir stoussen op Problemer, net zulescht am Enseignement. Mir hunn en éischter germanophont Schoulsystem zemools an den éischte Schouljoeren. Esch huet am ganze 54% Auslänner, haaptsächlech Portugisen, déi enger frankophoner Kultur méi no stinn. Mir sinn ganz oppe fir all Pisten déi virgesi sinn am Kader vun de lafende Reformen am Enseignement, fir e franséische Studiegang an der Primärschoul an am Lycée ze offréieren.

Hutt Dir mat der Kris eng Erhéijung am Rassismus oder der Xenophobie kenne feststellen?

Ech hu bis elo näischt gemierkt, mä mir mussen ëmmer wachsam bleiwen. Mir hunn zu Esch de nationale Musée de la Résistance. Dëse Musée behandelt Sujete vun der Integratioun an der Toleranz am generellen an net nëmmen a Relatioun mat de Problemer vum zweete Weltkrich. Et ass primordial ze erwähnen dass an allen Domäne vun der Gemenge Politik d’Diversitéit Räichtum a kee Risiko duerstellt.

Wat ass Ärer Meenung no deen éischte Schratt zur Integratioun?

Géigesäiteg d’Differenze respektéieren.

Lieft Esch stänneg am Schied vun der Stad Lëtzebuerg?

Et existéiere keng wierklech Rivalitéiten tëschent deenen zwou Stied. Des Geschicht ass schonn sou al ewéi Mathusalem. D’Leit aus der Stad komme rare bis op Esch, mä mir ginn iwwerall hinn. Et bestinn nach ëmmer Viruerteeler hinsichtlech der “Eise-Stad“. D’Leit erwaarden sech eng gro Stad mat Kläppereien op  all Eck. Ech invitéieren déi sech vun der Realitéit ze iwwerzeegen. Ech sinn op alle Fall stolz op meng Gemeng. Mir hu vläicht net déi nämlecht finanziell Méiglechkeeten ewéi d’Haaptstad, mä mir hunn d’Kreativitéit, de Wellen an d’Iddien. Dobäi konnte mir schonn ëmmer eis limitéiert Finanze geréieren.

 

LM