Le dimanche 2 mars, à 11h30, pile poil pour l’heure de l’apéro, l’abbaye de Neumünster accueille Nicolas Kummert, un grand nom de la scène jazz européenne, à l’occasion des Spring Sessions. Jeune et beau gosse, le talentueux musicien défendra, devant le public luxembourgeois, le second album de son groupe principal Nicolas Kummert Voices, composé par Hervé Samb à la guitare, Alexi Tuomarila au piano, Nicolas Thys à la contrebasse et Jens Bouttery à la batterie. À la fois saxophoniste ténor et soprano, chanteur et compositeur, le Namurois a accepté de jouer le jeu du questions-réponses avec Luxuriant. Entretien avec le maestro.  

 Comment t’es venu le goût du jazz ?

 J’en suis tombé amoureux en écoutant les vieux disques de John Coltrane et Charly Parker que mon père avait l’habitude de jouer à fond à la maison. À neuf ans je commence à taquiner du saxophone. Une révélation ! J’apprends vite et je me permets même déjà d’improviser (rires). Plus tard, vers 17 ans, je comprends que je veux continuer de jouir de cette liberté et d’en faire mon métier. L’improvisation est le point commun de tous mes projets. J’aime cette adrénaline quand rien n’est établi. D’ailleurs aucunes de mes performances ne se ressemblent.

 Tes fans te qualifient souvent de virtuose. Es-tu d’accord ?

 C’est certes très flatteur, mais c’est surtout la pratique acquise durant toutes ces années qui me permet aujourd’hui d’être plus confiant et plus libre en live. Cette maîtrise me permet de me donner à 100% aux spectateurs. J’ai cette fabuleuse chance de pouvoir faire ce que j’aime : monter sur scène, jouer et pouvoir en vivre.

 Comment en es-tu arrivé à mélanger jazz et poésie ?

 Le hasard m’a glissé un recueil de poèmes de Jacques Prévert entre les mains (rire). Ses textes me touchent beaucoup. J’ai eu envie de les mettre en musique, sans résultat vraiment convaincant. J’ai alors fini par tout simplement lire ses vers sur mes morceaux originaux.

 Où puises-tu ton inspiration ?

 Dans le cinéma, la littérature ou simplement dans mon quotidien… Sur mon album One, par exemple, j’ai composé un titre après avoir regardé le film Into the Wild. Dès le générique de fin, je me suis mis au piano et j’ai écrit les notes d’une traite. Je vivais, à ce moment-là, le décès de mon oncle et je pense que le texte et la musique en sont forcément imprégnés.

 As-tu un modus operandi pour créer ?

 J’enregistre un son dans mon téléphone, une petite mélodie ou une phrase chantée. Je la retravaille ensuite au piano. Je ne me pose jamais dans le but de créer. Je saisis l’inspiration quand elle vient.  

 Le disque ONE, sorti en septembre 2010, sur le label Prova Records a reçu de nombreuses éloges. Espérais-tu un tel succès ?

 Pour être sincère, je m’attendais à encore plus (rires) ! Nous avons fait beaucoup de concerts, mais pas assez de vente de disques à mon goût. J’espère que le prochain nous ouvrira encore plus de portes. Nous n’en avons jamais assez de toute façon (rires) !

 Ton petit rituel secret avant de monter sur les planches ?

Un petit verre de vin ou une bière pour être plus relax.

 

 

Texte : Marine Triacca

 Photos : Rodolphe de Decker – Guy Van de Poel – Didier Wagner