Vous rêvez d’une structure accueillante, sereine et épanouissante pour vos enfants, le tout à moins de deux kilomètres du centre-ville de Luxembourg ? Ne cherchez plus ! Les crèches l’Enfant Roi garantissent une éducation privilégiée pour vos enfants en bas âge dans un environnement idéal et adapté. Derrière ce concept révolutionnaire, une pédagogie, celle de Maria Montessori et surtout, une super maman, Madame Dominique Godard, l’instigatrice des six établissements les plus renommés du Grand-Duché. Rencontre.

 Avez-vous toujours géré des crèches ?
Non, j’ai débuté ma carrière en milieu hospitalier, plus exactement en pédiatrie à Remiremont dans les Vosges, puis à Paris et ensuite, à Bruxelles. J’ai été très contente de travailler avec des grands pontes de la chirurgie. Une grande expérience humaine et professionnelle. J’étais instrumentiste, l’infirmière qui aide pendant les interventions chirurgicales, voilà pourquoi je suis si à cheval sur l’hygiène. D’ailleurs, maintenant, mes collaboratrices me surnomment Madame D10, en rapport avec le nom du désinfectant (sourire).

Vous en avez aussi dans votre sac ?
Alors, pour les mains, pas forcément, car le gel hydro-alcoolique n’est pas toujours recommandé. Il est préférable d’utiliser du savon. Nous n’avons pas besoin d’être stérile dans la vie de tous les jours. Cependant, en structure d’accueil de la petite enfance, avec les nourrissons, il faut avoir une hygiène parfaite pour éviter la prolifération des différents germes.

Et à la maison ?
Non, il n’est pas nécessaire de tout désinfecter chez vous. Jusqu’à l’âge de six, huit mois, il faut stériliser le biberon, après, ce n’est plus nécessaire. D’ailleurs, les biberons après deux ans, il vaut mieux éviter !

Elle est donc vraie cette théorie sur la dangerosité du lactose pour l’être humain ?
Nous ne sommes pas des petits veaux. Un grand nombre d’allergies se développent à cause de l’alimentation durant notre enfance, notamment le lait. Idem pour le gluten.

Alors, comment se passe le goûter à l’Enfant Roi ?
Notre nutritionniste a supprimé le pain pour le déjeuner, pour alléger l’apport journalier en gluten, mais nous leur servons évidemment une tranche de pain (confiture, fromage, etc) et un verre de lait à 16 h. Plusieurs études ont démontré que le gluten excitait énormément les enfants. Donc à éviter avant la sieste. Ils ont besoin d’un apport de lait quotidien, sous forme de yaourt ou de fromage. Il ne faut pas tout supprimer, rien ne sert d’être extrémiste… Par ailleurs, nous devons rester en adéquation avec le milieu familial. Nous apportons aux enfants suffisamment de protéines lors de la journée, mais rien n’empêche de leur redonner de la viande lors du dîner.

Comment gérez-vous les différents régimes alimentaires imposés par les parents ?
Nous remplaçons évidemment le porc par du poulet, sur demande, selon la confession des familles. L’ouverture est dans la discussion, mais je ne souhaite pas supprimer les protéines animales, car l’enfant a besoin de viande pour construire ses muscles jusqu’à ses 18 ans.

Ne peut-on pas remplacer par des protéines végétales ?
Les enfants devraient en consommer de très grandes quantités pour arriver aux mêmes apports protéinés. L’exposition précoce et récurrente au soja peut provoquer l’apparition d’allergies. Une fois adulte, vous risquez d’en trouvez dans presque tous les produits industrialisés. De plus, nous n’aimons pas ces produits-là à l’Enfant Roi, même pour les pâtisseries. La quantité d’additifs est néfaste pour l’organisme des tout petits, voilà pourquoi nos gâteaux sont tous faits maison dans nos cuisines par le chef et sa brigade, soit une équipe d’une quinzaine de personnes rien que pour les repas.

Au total, combien êtes-vous ?
Nous sommes un peu plus de 120 personnes avec les éducatrices (qualifiées et formées à la pédagogie Montessori en interne), la direction des ressources humaines, la direction opérationnelle, la maintenance, l’équipe de nettoyage, etc. Le ménage est entièrement réalisé par une équipe technique spécialisée dont c’est la seule tâche et non pas par les éducatrices qui, elles, se consacrent uniquement aux 400 enfants que nous accueillons.

En parlant d’enfants, j’ai cru comprendre que vous travaillez en famille ?
Ma fille Victoria est la directrice pédagogique du groupe. Elle possède également son propre institut de formation à la pédagogie Montessori. Mon fils Guillaume est le directeur administratif et Pierre, mon époux, a en charge la gestion et le développement. Alors, même le soir du réveillon de Noël, nous parlons boulot (sourire).

Comment avez-vous lancé votre première crèche ?
Après la Belgique, j’ai suivi mon mari muté au Grand-Duché. En 1992, avec une éducatrice, nous avons ouvert, à Strassen, notre première crèche. Nous l’avons dirigée ensemble pendant 12 ans, puis j’ai eu envie d’évoluer, notamment au niveau pédagogique. Je me suis intéressée aux travaux de Maria Montessori et, en 2004, avec mon époux, nous avons ouvert notre première crèche L’Enfant Roi Am Piesch, toujours à Strassen.

L’Enfant est-il vraiment roi dans vos établissements ?
Pédagogiquement parlant, oui, mais pas comme l’entend l’expression « enfant roi, enfant tyran ». Il est au centre de nos préoccupations et bien qu’il soit libre de choisir son activité, il est élevé dans un cadre et une ambiance qui optimisent ses apprentissages. Nous travaillons beaucoup sur leur autonomie. Nous ne les bloquons pas sur des chaises toute la journée. Ils doivent pouvoir bouger, faire des recherches et se développer dans le mouvement autour d’une éducation non intrusive. Quant à l’autoritarisme, rien ne sert de « disputer » un bébé, il ne comprend pas cette information. Le comportement exemplaire de l’adulte est un bien meilleur atout.

Ce sont les bases de la pédagogie Montessori ?
Dans les grandes lignes, oui. En effet, dès le début, les parents ont immédiatement adhéré. Ensuite, nous avons constaté que les enfants issus de nos crèches et qui ont intégré l’école fondamentale avaient d’énormes facilités pour apprendre à écrire et calculer. Quant aux élèves de l’école Maria Montessori, ils s’intègrent sans souci dans les écoles traditionnelles, car ils ont été habitués à travailler de manière autonome. Du coup, ils sont en général plutôt en avance sur les programmes scolaires et peuvent se concentrer sur l’apprentissage des règles de fonctionnement de leur nouvelle école.

Est-ce une bonne chose d’être scolairement en avance ?
En réalité, ces élèves ne sont pas « en avance ». Ils ont appris à leur rythme, qui n’est pas forcément celui que l’école traditionnelle leur impose. Tout ce que le gamin apprend avant six ans, il l’acquiert pour la vie. Maria Montessori a démontré l’existence de « périodes sensibles », durant lesquelles l’enfant apprend sans effort. Nous les exploitons au mieux dans nos crèches, notamment en proposant différentes langues.
Maria Montessori a également insisté sur la « grâce et courtoisie ». On dit « bonjour », « au revoir », « merci » et on se comporte bien avec ses camarades, les adultes, les animaux ou les plantes. Dans nos établissements, vous trouverez des plantes partout et les petits n’arrachent pas les feuilles. Nous leur apprenons toutes les formes du respect.
Le très jeune enfant ne différencie pas le bien du mal. En revanche, il absorbe le bon et le mauvais comportement. Les gens qui crient fort, qui ne saluent pas, qui vous claquent la porte au nez… l’enfant ingurgite tout et imite ce qu’il voit, ce qui peut l’amener à avoir ce genre de conduites également, une fois adulte.

Les parents sont-ils systématiquement pris pour modèles ?
L’adulte en général et par extension l’éducateur qui est un modèle. D’ailleurs, dans notre pédagogie, on ne parle pas de parents, mais du « nouvel éducateur ». De plus, les mauvais comportements de l’adulte peuvent gravement altérer la confiance en soi des enfants par des : « T’es bête ! », « t’es idiot ! », « tu ne sais pas faire ça ! »… alors qu’au contraire, il faut positiver et dire « essaye », « recommence ». De la même façon, il faudrait éviter de le féliciter constamment en lui disant « c’est bien », « c’est joli » ou encore « super », car l’éloge, au même titre que la sanction, maintient l’enfant dans la dépendance de notre jugement. Préférez plutôt des questions telles que : « Es-tu content de toi ? », « as-tu eu plaisir à faire ce dessin ? » pour favoriser le développement de son autonomie.

Comment gérez-vous les bagarres entre les bambins ?
Quand deux enfants se disputent, nul besoin de crier sur l’un ou l’autre. Nous les prenons à l’écart pour discuter autour d’une table de réconciliation. Nous portons autant d’attention à l’enfant qui a subi la dispute qu’à celui qui l’a provoquée. Nous cherchons toujours à répondre aux besoins de ces enfants qui se sont brouillés. Notre rôle d’éducateur est de leur donner les outils pour dégonfler les conflits. Maria Montessori a beaucoup insisté sur cette éducation à la bienveillance. Ses conférences se retrouvent dans le livre L’éducation Et La Paix. Elle a vécu entre 1870 et 1952 et a dû fuir les dictatures de Mussolini et Franco. Elle a vécu la seconde guerre mondiale et a connu les régimes totalitaires. Cette atmosphère a fait d’elle une pacifiste convaincue.

Comment structurez-vous vos établissements en fonction de l’âge ?
Les nidos (nid en italien) accueillent les enfants jusqu’à 18 mois, ensuite les Communautés Enfantines jusqu’à trois ans et enfin la Maison Des Enfants jusqu’à quatre ans, en crèche. Ensuite, c’est l’école et la scolarisation obligatoire et là, la Maison des Enfants va jusqu’à six ans.

Utilisez-vous un matériel spécifique à la pédagogie Montessori ?
Exactement, du matériel que Maria Montessori a dessiné en observant les enfants dits « débiles », à l’époque, dont elle s’occupait. On disait d’eux qu’ils étaient incapables d’apprendre et on ne s’en souciait guère. Elle a créé du matériel de vie pratique pour la concentration et la psychomotricité fine, du matériel sensoriel pour la discrimination des dimensions, des formes, des couleurs, des goûts, des sons, des odeurs, des structures, des surfaces. Les plus célèbres aujourd’hui sont, par exemple, la tour rose ou l’escalier marron. Il existe aussi du matériel de mathématique ou de langage, comme les lettres rugueuses pour l’apprentissage de la lecture, ainsi que tout un panel de matériel spécifique pour les apprentissages fondamentaux.

A-t-elle également conçu du mobilier adapté ?
Les activités doivent se trouver à la portée des enfants, les tables et les chaises à leur hauteur et pas de lit à barreaux, mais des lits au sol d’où ils peuvent sortir quand ils le désirent afin de ne pas entraver leur autonomie ni leur besoin de mouvement.

L’enfant est donc totalement autonome ?
Nous respectons les périodes sensibles décrites par Maria Montessori, comme l’ordre. L’enfant range son matériel, le retrouve toujours au même endroit, travaille sur un espace délimité. Il y a aussi la période sensible du langage, pour laquelle, dés 18 mois, nous proposons à l’enfant d’évoluer dans une ambiance trilingue : français, luxembourgeois, allemand ou anglais, selon la structure.
Notre pédagogie est une pédagogie de l’erreur : l’enfant a le droit et la possibilité de faire une erreur sans que celle-ci soit stigmatisée. De plus, comme le matériel est autocorrectif, il est inutile de lui dire qu’il a fait une « erreur », il le constate lui-même. Si une cruche en verre tombe, elle casse et l’enfant ramasse lui-même.

Faites-vous un compte-rendu aux parents ?
Chaque soir, les évènements marquants de la journée leurs sont décrits. D’autre part, chaque trimestre, les parents sont reçus par l’équipe éducative et la psychologue des établissements pour un bilan approfondi. Notre pédagogie est basée sur l’observation. Chaque éducateur sait exactement où en est l’enfant dont il a la charge. De plus, nos espaces de convivialité, réservés à nos parents, leur permettent de prendre leur temps pour des rencontres dans l’enceinte de la crèche.

Comment procède-t-on pour inscrire son enfant chez vous ?
Simplement, prendre un rendez-vous en appelant au 27 32 25 ou se rendre sur notre site www.lenfant-roi.lu et utiliser la fiche de contact. Nous vous ferons une petite visite des lieux (sourire). Nous possédons deux établissements à Strassen, deux au Kirchberg, un au Findel et un à Bertrange.