J’ai fait, un jour, une overdose du mot « electro-pop ». Lorsque Sébastien, le rédacteur en chef, me demande de me pencher sur la musique de Hundreds, c’est le terme qui revient en permanence dans Google au sujet du groupe. Hésitation. Écoute. Révélation. Hundreds est en fait un projet résolument pop et contemporain. La voix envoûtante de la chanteuse porte brillamment des textes éclairés sur une musique agrémentée de rythmes synthétiques. Le duo allemand sera LA bonne surprise du festival Capital Sounds et se produira, le dimanche 26 juillet, sur la nouvelle scène des Rotondes ressuscitées. Rencontre avec Eva, un matin de canicule.

 

Bonjour mademoiselle, comment a démarré cette aventure ?

Avant cette épopée, j’étais assistante sociale. Je faisais de la musique avec des enfants. Mon frère Philip a étudié le piano. Il a toujours été musicien. À partir de mes 19 ans, nous avons commencé à écrire des chansons ensemble, puis nous avons produit, en 2010, notre premier LP éponyme Hundreds. Sur cet album, nous avons essentiellement composé des nouveaux titres à l’exception du morceau « Happy Virus », écrit en 2003.

Pourquoi avoir choisi de vous appeler Hundreds ?

Je souhaitais une référence mythologique, mais mon frangin trouvait l’idée trop intellectuelle (rires) ! Et puis un jour, j’ai fait un rêve dans lequel nous étions démultipliés. Je lui ai raconté : « Nous étions des centaines, des centaines ! ». Il m’a répondu : « Voilà, nous avons notre nom ! ».

On dit souvent qu’il ne faut jamais travailler en famille. Comment se passe l’entente entre vous deux ?

Nous nous disputons très rarement, même s’il existe toujours des embrouilles dans un groupe. La différence est que, pour nous, quoi qu’il arrive, nous restons frère et sœur.

Quelles sont vos influences ?

Les livres sont ma première source d’inspiration, voire ma deuxième vie ! Je lis énormément et cela se ressent énormément dans mes textes. Nous écoutons également beaucoup de musique. Nous adorons par exemple Röyksopp, Atoms For Peace (NDLR le projet de Tom York) ou les Français The Dø.

Pourquoi chantes-tu en Anglais ?

Je préfère le feeling de l’Anglais plutôt que l’Allemand, beaucoup plus dur et strict. Sur scène, je me sens comme nue lorsque je chante dans ma langue maternelle, c’est très étrange !

Écris-tu les paroles toute seule ?

De manière générale, nous collaborons ensemble de A à Z. Nous produisons d’abord la musique. Nous nous asseyons au piano et nous cherchons une mélodie. Une fois que nous avons la structure du morceau, je pars écrire les textes et Philip fignole la production. Il peut passer quatre semaines à programmer une batterie ! Ensuite, nous nous retrouvons pour finaliser le morceau. C’est un très long procédé. Avant tout, nous recherchons une certaine originalité afin de surprendre le public lors de chaque écoute. Nous ne voulons pas que nos chansons sonnent toujours de la même manière. Nous ne sommes pas un groupe de hard rock qui ne fait que du hard rock (rires) !

Peux-tu nous parler de la genèse de votre dernier EP Tame The Noise ?

Lors d’un concert en Allemagne, nous avons joué uniquement à deux, en acoustique, alors que nous sommes habituellement sept sur scène. Le public était très silencieux, peut-être surpris par notre performance. Ceci a été la première idée de la conception de Tame The Noise, une envie de revenir à un format plus classique. Nous sommes particulièrement contents de cet EP car c’est la première fois que nous enregistrions entièrement « live » en studio. Nous avons pris beaucoup de plaisir à entrer dans un nouveau processus de production.

Comment sentez-vous votre concert le 26 juillet à Luxembourg ?

Nous avions donné un concert, en 2010, à la Kulturfabrik et nous sommes très heureux de venir pour la seconde fois au Luxembourg. Nous sommes très excités de jouer dans les nouvelles Rotondes !

 

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