Sur l’échiquier politique luxembourgeois, les extrêmes ne sont pas légion. Quelques groupuscules opèrent timidement, souvent dans l’ombre ou au pire sur les réseaux sociaux. Mise à part quelques prospectus xénophobes dans les boites aux lettres, rien d’alarmant. À la Chambre, l’homme très à droite se nomme Fernand Kartheiser. Le député ADR est connu pour ses coups de gueule, ses propositions de lois tranchées et son passif en tant qu’agent double lors de la guerre froide. Entretien vérité avec un conservateur pur et dur.

 

Étiez-vous orateur, aujourd’hui, à la Chambre des députés lors de la législation contre le port de la burqa ?

Évidemment, mais la discussion portait surtout sur la lutte contre le terrorisme. J’ai déposé, lors de l’été 2014, une proposition de loi sur l’interdiction du port de la burqua soutenu par l’ADR, mon parti politique. Le CSV, le Parti populaire chrétien-social, vient récemment de nous imiter. L’ADR veut interdire la burqa au Grand-Duché, comme c’est déjà le cas en France ou en Belgique. Le débat est très agité. Les partis de gauche, même dans cette situation difficile après les attentats du vendredi 13 novembre à Paris, rechignent à vouloir renforcer la sécurité des citoyens luxembourgeois.

Pourquoi une femme en voile intégral vous effraie-t-elle ?

Rien ne m’effraie, par principe (sourire). Il faut pouvoir vivre ensemble et, pour cela, établir une communication visuelle. La Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg l’a d’ailleurs confirmé dans l’un de ses arrêts concernant la France, qui avait été poursuivie par une dame qui souhaitait porter la burqa. Il y a également des problèmes de sécurité. Comment voulez-vous vérifier l’identité d’une personne qui se cache intégralement ? Et enfin, troisième point dérangeant, le statut de ces musulmanes, qui généralement, ne portent pas volontairement ce vêtement. De plus, rien ne le prescrit dans le Coran.

Vous défendez les femmes malgré la publication, en 2007, de votre ouvrage antiféministe Kritik der reinen Unvernunft. Zur Feminisierung der Sprache ?

Ne mélangez pas féminisme et droit des femmes. Mon livret explique simplement comment le féminisme essaie de manipuler l’utilisation des langues à des fins idéologiques. Le féminisme est une doctrine de gauche qui puise ses racines dans les révolutions de Mai 68, une vue militante du droit des femmes, notamment sur la libéralisation complète de l’avortement. Un féminisme dirigé aussi contre les hommes et, par extension, contre tout ce qui est perçu comme conservateur.

En réponse, vous avez fondé, le 18 décembre 2005, l’AHL (Association des hommes du Luxembourg) ?

Effectivement, cette association défendait les intérêts des pères divorcés qui souffrent de l’éloignement de leurs propres enfants. Je peut comprendre ces pères, ayant moi-même deux enfants. Je suis d’ailleurs satisfait, car le gouvernement actuel introduit une reforme législative pour améliorer la situation des pères séparés. Pour une fois que le gouvernement Bettel va dans notre sens (sourire).

Avez-vous toujours voté ADR ?

Pas du tout. Jusqu’en 2008, j’étais membre du parti libéral (DP). Pendant 14 années, j’étais diplomate à l’étranger. J’étais, entre autre, ambassadeur à Athènes, Nicosie et Bucarest. À mon retour, je me suis rendu compte que le Demokratesch Partei était devenu un parti de gauche. Je ne m’y retrouvais plus et l’ADR correspondait davantage à mes attentes.

En un an, vous êtes passé de sympathisant à député de l’ADR.

Oui, car notamment l’Alternativ Demokratesch Reformpartei prenait très au sérieux mon combat pour la défense des pères divorcés, une de mes priorités de l’époque.

Vous êtes donc, dans l’opposition, le mieux qualifié pour gérer les problèmes relatifs à la famille ?

Sans doute, mais je suis également en charge des questions relatives aux Affaires étrangères et à la Défense car je suis un ancien officier de carrière et un ancien diplomate.

Qui sont vos ennemis jurés à la Chambre ?

Je n’en ai pas, mais j’aime me bagarrer avec mes adversaires lors de débats vivants (rire). Il n’y a pas d’animosité personnelle. Nous sommes trois députés ADR sur 60. La majorité parlementaire est composée de trois partis, le DP, les Verts et le LASP. L’opposition est également constituée de trois partis, le CSV qui est le plus important, Déi Lénk et les conservateurs de l’ADR.

Pourquoi avez-vous démissionné de la présidence de l’ADR en 2012 ?

Jacques-Yves Henckes et Jean Colombera, deux députés de notre parti, ne voulaient plus soutenir notre programme électoral au sujet de l’avortement. Or, nous avions un engagement moral pour défendre la vie naissante. Hors de question que je retourne ma veste ! Je défends le droit à la vie ! Même combat d’ailleurs dans la question de l’euthanasie.

Êtes-vous, aujourd’hui, plus radical qu’il y a 15 ans ?

Je ne suis certainement pas un radical. Je suis un conservateur. Je n’ai pas changé et j’assume toujours mes opinions. C’est le paysage politique en Europe et au Luxembourg qui a changé au cours des dernières décennies. Il a glissé vers la gauche.

Que souhaitez-vous pour l’Europe de demain ?

Avant toute chose, au Luxembourg, notre parti est relativement modeste, mais au niveau européen, nous sommes le troisième groupe le plus important du Parlement. Notre famille européenne est solide et soudée. Ensemble, nous voulons une Europe des Nations, comme revendiquée notamment par Charles de Gaulle, avec une coopération d’États souverains. Nous sommes opposés à une Europe fédéraliste.

Préconisez-vous un protectionnisme pour favoriser la santé de la place financière luxembourgeoise ?

Sur un marché mondial où la concurrence est toujours plus rude, nous devons surtout convaincre par notre savoir faire professionnel et l’offre d’une large gamme de produits financiers. En aucun cas, une attitude protectionniste serait raisonnable. Nous avons une économie ouverte sur l’extérieur. La finance restera un pilier de la croissance grand-ducale. Cependant, nous devons nous adapter au monde contemporain et nous diversifier, par exemple dans le secteur des nouvelles technologies. En même temps, nous devons aussi sauvegarder l’industrie et l’agriculture pour continuer d’offrir des emplois à une main d’œuvre moins qualifiée.

En 2011, vous étiez conseiller municipal quand Xavier Bettel était bourgmestre de la capitale. Que souhaitez-vous changer pour préserver le caractère de Luxembourg Ville ?

Arrêter le tramway, projet très coûteux porté par les Verts qui n’a aucun sens. Il faut aussi mettre un terme à la mendicité. En principe, au Luxembourg, personne ne doit mendier ou dormir dans la rue. Cependant, certaines personnes ont choisi de ne pas utiliser les infrastructures et les aides offertes. Souvent la drogue ne leur permet plus de se soumettre à une certaine discipline. Ensuite, et c’est une autre controverse, je n’accepte pas la mendicité organisée par des groupes de Roms, forme de vie souvent non choisie par des personnes exploitées. Je connais bien ce dossier. N’oubliez pas que j’étais ambassadeur en Roumanie. Je suis en faveur d’une répression pénale de cette exploitation des plus faibles. Et pas seulement au Luxembourg, mais dans toute l’Europe.

Comment se passent vos relations avec Xavier Bettel ?

Il a toujours été dans l’autre camp, mais cela ne nous empêche pas de nous saluer, de nous parler et de nous faire des blagues. Malgré tout, nos convictions politiques restent antinomiques.

Son mariage avec Gauthier Destenay, le 15 mai 2015, vous a-t-il mis hors de vous ?

Il m’en faut beaucoup plus pour me mettre hors de moi, mais je suis opposé au mariage homosexuel. L’ADR défend les valeurs traditionnelles de la famille et les droits des enfants sans être homophobe. Contrairement au PACS (Pacte civil de solidarité), le mariage ouvre le droit à l’adoption. Comment l’enfant pourra-t-il trouver sa propre identité sexuelle s’il est élevé par deux papas ou deux mamans ? De plus, la gestation par autrui et la procréation médicalement assistée posent énormément de problèmes éthiques. On est en train de commercialiser des êtres humains.

Le Luxembourg a-t-il besoin d’une immigration ?

Oui, notre économie nécessite une main d’œuvre qualifiée, mais nous n’avons pas besoin d’une immigration massive de personnes non qualifiées qui ne pourront pas être intégrées sur le marché du travail. Je suis pour l’immigration choisie et non subie comme, par exemple, celle des migrants qui affluent actuellement vers l’Europe. Nous voulons pouvoir choisir qui peut vivre chez nous ! N’y voyez cependant aucune trace de racisme. Le message est et reste, que les étrangers sont les bienvenus, à condition de respecter nos lois et nos valeurs, de faire l’effort de s’intégrer et d’apprendre le luxembourgeois.

Selon vous, que signifient les résultats du référendum avec 80% pour le trois fois Nee ?

Une révélation, car presque l’ensemble de la classe politique, sauf notre parti évidemment, et presque l’ensemble de la presse défendaient, avec une pression très forte, l’ouverture du droit de vote aux étrangers. Malheureusement, ils ne se sont pas remis en question une seule seconde. Or, les résultats ont prouvé qu’ils avaient tort.

Richteg. Bon, passons aux questions qui fâchent.

Vous ne réussirez pas à me fâcher (rire).

Ok, étiez-vous un agent double lors de la guerre froide ?

Dans les années 80, j’étais officier de l’Armée, mais en même temps, j’ai continué à être passionné par les études. Ainsi, j’avais pris un congé sans solde de deux ans pour m’inscrire à l’Académie diplomatique de Vienne. J’avais 27 ans. En marge d’un séminaire, j’ai été contacté par un agent soviétique. J’ai immédiatement averti des connaissances du SREL (Service de renseignement de l’État du Luxembourg). Un officier du SREL, accompagné d’un membre de la CIA, ont fait le déplacement pour me rencontrer à Vienne. L’Américain m’a prié de faire semblant de me faire engager par les Soviétiques, mais de travailler pour eux. J’avais le choix, mais j’ai accepté sans aucune hésitation. Nous étions alors en pleine guerre froide. Par sens du devoir, je désirais servir mon pays et par extension les États-Unis et l’OTAN. Je n’ai jamais reçu aucune compensation financière pour les services rendus. Il s’agissait pour moi d’un engagement contre le communisme et l’Union soviétique et non contre la Russie ou les Russes.

C’était dangereux ?

Je ne ferai pas de commentaires sur ce que j’ai fait.

Avez-vous rempilé en janvier 2009 pour une mission nommée «Vampire» ?

Non, c’est faux. Il y a eu des indiscrétions au SREL dans le contexte de la crise autour de l’ancien Premier ministre Jean-Claude Juncker qui ont contribué à sa chute. C’est ainsi que mon passé a également été relevé. Mais contrairement à ce que la presse insinuait à l’époque, je n’ai jamais été réactivé comme agent secret. Je peux dire que je suis fier d’avoir accompli mon devoir en tant qu’officier pendant plusieurs années lors de la guerre froide, mais je n’ai jamais pris part à cette histoire autour de Monsieur Juncker.

Vous êtes-vous inspiré de votre propre expérience pour écrire Helleg Muecht, votre roman policier en luxembourgeois ?

Non (rire). Je précise que je n’ai aucun talent, ni aucune ambition littéraire. J’ai d’ailleurs été très étonné qu’une maison d’édition le publie en 2001. Je l’ai écrit par pur plaisir pour me divertir. L’intrigue se déroule dans les milieux militaires, gouvernementaux et cléricaux du Luxembourg. De hauts dignitaires de l’Église sont impliqués dans un réseau international. Je l’ai signé de mon pseudonyme Fernand le Chartreux, mon nom traduit en français, sans aucun rapprochement idéologique avec les moines chartreux (sourire).

Vous êtes croyant ?

Oui et pratiquant, même si j’ai du mal à aller à la messe tous les dimanches.

Monarchiste ?

Oui, jusqu’au bout des ongles.

Quels sont vos loisirs ?

J’aime apprendre les langues, étudier le russe et le latin, lire des ouvrages sur les sciences naturelles, la physique, l’astronomie. Ma maison à Bascharage est remplie de livres en tout genre. Autre passion, ce weekend, j’irais certainement au cinéma voir la saison 2014-15 des Ballets du Théâtre du Bolchoï.

Ah, vous avez donc pardonné à vos ennemis communistes ?

La Russie est libérée du communisme. J’adore la musique classique et je vais souvent à des concerts.

Vos deux enfants sont-ils également conservateurs ?

Mon ainé a 22 ans. Il étudie le droit à Hambourg. Son frère a 20 ans et étudie la biochimie à Lübeck. Nous discutons souvent de politique, mais ils ne sont pas engagés. Ils ont parfois des discours très libéraux, parfois même très de gauche. Je découvre et je profite de leurs idées pour me remettre en question.

Si vous accédez au gouvernement, quelle sera la première chose que vous ferez ?

J’allouerai une énorme subvention au magazine Luxuriant (rire) !

 

 

Renconter Mam ADR Deputéirte Fernand Kartheiser

An der politescher Zeen vu Lëtzebuerg sinn d’Extremisten dënn geséint. Verschidde Splitter-Gruppe ginn zeréckhalend vir, oft am Hannergrond oder am schlëmmste Fall op de sozialen Netzwierker. Ofgesi vun e puer xenophobe Prospekter an de Bréifkëschten, näischt weider Alarméierendes. An der Chamber heescht de Mann vu ganz riets Fernand Kartheiser. Den ADR Deputéierten ass bekannt fir seng Schlagfärtegkeet, seng Virschléi vun tranchéierte Gesetzer a seng Vergaangenheet als Duebel-Agent am Kale Krich. Entretien vérité mat engem puren an haarde Konservativen. 

 

War Dir haut an der Chamber Riedner während der Legislatioun géint d’Droe vun enger Burka? 

Natierlech, mä d’Diskussioun ass haaptsächlech ëm de Kampf géint den Terrorismus gaangen. Am Summer 2014 hunn ech, ënnerstëtzt vun der ADR, menger politescher Partei, eng Gesetzespropositioun iwwert de Verbued vum Droe vun der Burka ofginn. D’CSV, déi chrëschtlech-Sozial Vollekspartei, huet eis et viru kuerzem nogemaach. D’ADR well d’Burka am Grand-Duché verbueden, esou ewéi et a Frankräich oder an der Belge schonns de Fall ass. D’Debatt ass ganz hektesch. D’Lénksparteien, souguer an dëser schwéierer Situatioun no den Attentater vum Freiden den 13ten November zu Paräis, wieren sech dogéint, d’Sécherheet vun de lëtzebuerger Bierger ze verstäerken.

Firwat mécht eng Fra am komplette Voile Iech Angscht? 

Mir mécht aus Prinzip näischt Angscht (laachen). Et muss ee kennen zesumme liewen, an dofir muss eng visuell Kommunikatioun entstoen. Den europäesche Geriichtshaff vun de Mënscherechter zu Stroossbuerg, dee vun enger Fra, déi hir Burka droe wollt, verklot ginn ass, huet dëst iwwregens an engem vu sengen Uerteeler betreffend Frankräich bestätegt. Et ginn och Sécherheetsproblemer. Ewéi wëllt Dir d’Identitéit vun enger Persoun, déi sech komplett vermummt, verifizéieren? A schlussendlech, drëtten negative Punkt, de Status vun deene Moslemen, déi an der Regel des Kleedungsstécker net fräiwëlleg droen. Dobäi schreift de Koran dëst net fir.

Trotz der Publikatioun vun Ärem anti-feministesche Wierk, Kritik der reinen Unvernunft. Zur Feminisierung der Sprache, am Joer 2007, verteidegt Dir d’Fraen? 

Verwiesselt net Feminismus mat Fraereschter. Mäi Buch erklärt einfach nëmmen, ewéi de Feminismus probéiert, d’Benotze vun de Sprooche fir ideologesch Zwecker ze manipuléieren. De Feminismus ass eng lénks Doctrine, déi hir Wuerzelen an de Revolutioune vum Mee 68 huet, eng aktivistesch Siicht vun de Fraereschter, besonnesch fir déi komplett Liberaliséierung vun der Ofdreiwung. E Feminismus, deen och géint d’Männer geriicht ass an, am weidere Sënn, géint alles wat als konservativ ugesinn ass.

Als Géigenzuch hutt Dir, den 18ten Dezember 2005, d’AHL (Association des Hommes du Luxembourg) gegrënnt? 

Effektiv, des Associatioun huet d’Interêten vun de gescheete Pappe vertrueden, déi ënnert der Trennung vun hiren eegene Kanner leiden. Ech hu selwer zwee Kanner a kann déi Pappe gutt verstoen. Ech sinn allerdéngs zefridden, well déi aktuell Regierung eng legislativ Reform aféiert fir d’Situatioun vun deene getrennte Pappen ze verbesseren. Mol eng Kéier wou d’Bettel-Regierung an eis Richtung geet (laachen).

Hutt Dir ëmmer d’ADR gewielt? 

Nee, guer net. Bis 2008 war ech Member vun der Liberaler Partei (DP). Während 14 Joer war ech Diplomat am Ausland. Ech war, ënner anerem, Ambassadeur zu Athen, Nikosia a Bukarest. Ewéi ech zeréck komm sinn hunn ech festgestallt, dass d’Demokratesch Partei eng lénks Partei ginn ass. Ech hu mech doran net méi erëmfonnt an d’ADR huet mengen Erwaardunge méi entsprach.

An engem Joer sidd Dir vum Sympathisant zum Deputéierte vun der ADR ginn.

Jo, haaptsächlech well d’Alternativ Demokratesch Reformpartei mäi Kampf fir d’Verteidegung vun de gescheete Pappen eescht geholl huet, zu dëser Zäit eng vu menge Prioritéiten.

Dir sidd also an der Oppositioun, deen am beschte Qualifizéierte fir déi familiär Problemer ze geréieren? 

Ouni Zweiwel, ech sinn awer och fir d’Affaires étrangères an d’Defense zoustänneg well ech sinn fréiere Beruff’s-Offizéier an Diplomat.

Ween sinn Är Äerzfeinden an der Chamber? 

Ech hu keng, mä während den Debatte streiden ech mech awer gäre mat menge Géigner (Laachen). Et gëtt keng perséinlech Feindséilegkeet. Mir sinn dräi ADR-Deputéierte vu siechzeg Deputéierten am ganzen. Déi parlamentär Majoritéit besteet aus dräi Parteien: d’DP, Déi Gréng an d’LSAP. D’Oppositioun besteet och aus dräi Parteien: d’CSV, déi wichtegst Partei, Déi Lénk an d’ADR.

Firwat hutt Dir 2012 d’Presidentschaft bei der ADR ofgetrueden? 

De Jacques-Yves Henckes an de Jean Colombera, zwee Deputéierten aus eiser Partei, ware net méi bereet, eise Wahl-Programm betreffend d’Ofdreiwung, ze ënnerstëtzen. Dobäi hate mir awer e moralescht Engagement neit Liewen ze verteidegen. Et kennt fir mech net a Fro d’Faarf ze wiesselen! Ech verteidegen d’Recht fir ze liewen! Dee nämmlechte Kampf betrëfft iwwregens d’Euthanasie.

Sidd Dir haut méi radikal ewéi viru 15 Joer? 

Ech si sécher kee Radikalist. Ech sinn ee Konservativen. Ech hu mech net verännert a stinn ëmmer zu menge Meenungen. Et ass déi politesch Landschaft déi sech an deene leschte Joerzéngten an Europa an zu Lëtzebuerg verännert huet. Si ass no lénks geréckelt.

Wat wënscht Dir Iech fir dat zukünftegt Europa? 

Virun allem, hei a Lëtzebuerg ass eis Partei relativ bescheiden, mä um europäeschen Niveau si mir déi drëtt wichtegst Grupp vum Parlament. Eis europäesch Famill ass zolitt an zesummegewuess. Zesumme wëlle mir en Europa vun den Natiounen, esou ewéi de Charles de Gaulle gefuerdert huet, mat enger Kooperatioun vu souveräne Staaten. Mir stinn engem föderalisteschen Europa géigeniwwer.

Bevirwuert Dir e Protektionismus fir d’Gesondheet vun der Finanzplaz Lëtzebuerg ze favoriséieren? 

Op engem Weltmarché, wou d’Konkurrenz ëmmer méi haart gëtt, musse mir haaptsächlech mat eisem professionelle Savoir-Faire an der Offer vun enger breeder Gamm vu Finanz-Produiten iwwerzeegen. A kengem Fall wär eng protektionistesch Astellung ubruecht. Mir hunn eng Economie, déi no baussen op ass. D’Finanze wäerten ëmmer e Pilier vun der lëtzebuerger Croissance bleiwen. An awer musse mir eis der Matwelt upassen an eis diversifizéieren, ewéi zum Beispill am Beräich vun de neien Technologien. An engems musse mir och d’Industrie an d’Landwirtschaft oprecht erhalen, fir där manner qualifizéierter Aarbechtskraaft weiderhin nei Platzen unzebidden.

Am Joer 2011, ewéi den Här Xavier Bettel Buergermeeschter vun der Haaptstad war, wor Dir Gemenge-Conseiller. Wat wéilt Dir gären änneren, fir de Charakter vun der Stad Lëtzebuerg bäizebehalen? 

Den Tram stoppen, en deiere Projet vun De Gréngen déi guer kee Sënn ergëtt. Et muss een och der Heescherei en Enn setzen. Am Prinzip muss zu Lëtzebuerg keen heeschen oder op der Strooss schlofen. An awer hu verschidde Leit entscheed, kee Gebrauch vun den Infrastrukturen an den ugebuedenen Hëllefen ze maachen. Oft erlaben d’Drogen hinnen net méi, sech enger gewëssener Disziplin ze ënnerwerfen. Dozou, an dat ass eng aner Kontrovers, akzeptéieren ech keen organiséiert Heesche vu Roma-Gruppen, eng Liewensart, déi oft vun den exploitéierte Leit selwer net gewielt gëtt. Ech kennen dësen Dossier gutt. Vergiesst net dass ech Ambassadeur a Rumänie war. Ech si vir eng strofrechtlech Verfolgung vun dëser Ausbeutung vun deene Schwächsten. A net nëmmen zu Lëtzebuerg, mä a ganz Europa.

Wei sinn Är Relatioune mam Xavier Bettel? 

Hie war schonn ëmmer am anere Camp, mä dat hält eis net dovun of eis ze begréissen, mateneen ze schwätzen an ze gecksen. Trotz allem bleiwen eis politesch Iwwerzeegunge géigesätzlech.

Seng Hochzäit mam Gauthier Destenay de 15te Mee 2015, huet déi Iech schockéiert? 

Ech brauch vill bis dass ech ausser mir sinn, mä ech si géint dat homosexuellt Bestietnis. D’ADR verteidegt déi traditionell Famillje Wäerter an d’Kannerrechter ouni homophobe ze sinn. Am Géigesaz zum PACS (Pacte Civil de Solidarité), gëtt d’Bestietnis d’Recht zur Adoptioun fräi. Ewéi soll e Kand seng eege sexuell Identitéit fannen, wann et vun zwee Pappen oder zwou Mamme grouss gezu gëtt? Dobäi bréngen d’Ausdroe vun engem Drëtten an déi medezinesch assistéiert Befruchtung enorm ethesch Problemer mat sech. Mir sinn amgaange Mënschen ze kommerzialiséieren.

Brauch Lëtzebuerg eng Immigratioun? 

Jo, eis Economie brauch eng qualifizéiert Aarbechtskraaft, mä mir brauche keng massiv Immigratioun vun net qualifizéierte Persounen déi net an den Aarbechtsmaart integréiert kenne ginn. Ech si fir eng auserwielten Immigratioun, an net fir eng operluechten, ewéi zum Beispill déi vun de Migranten, déi am Ament an Europa stréimen. Mir wëlle kenne wielen, ween bei eis liewe kann! Dëst soll awer keen Zeeche vu Rassismus sinn. De Message ass a bleift, dass d’Auslänner wëllkomm sinn, ënnert der Bedéngung, dass si eis Gesetzer a Wäerter respektéieren, sech Méi ginn sech ze integréieren a Lëtzebuergesch léieren.

Wat bedeiten, Ärer Meenung no, d’Resultater vum Referendum mat 80% fir dräi mol Nee? 

Eng Offenbarung, well bal de ganzen Ensemble vun der politescher Klass, ausser natierlech eis Partei, esou ewéi bal de ganzen Ensemble vun der Press, huet d’Wahlrecht fir d’Auslänner mat staarkem Drock verteidegt. Onglécklecherweis, hunn si sech selwer keng Sekonn méi a Fro gestallt. D’Resultater hunn dunn awer bewisen, dass si onrecht haten.

Richteg. Gutt, komme mir lo zu de Froen déi een éischter iergeren. 

Dir wäert et net schaffe mech rosen ze maachen (laachen).

OK, war Dir en Doppel-Agent während dem Kale Krich? 

An den 80er Joere war ech Arméi-Offizéier, mä zur gläicher Zäit hunn ech mech weiderhi vu menge Studie begeeschtere gelooss. Dunn hunn ech mir zwee Joer Congé sans Solde geholl fir mech an der diplomatescher Akademie vu Wien anzeschreiwen. Ech hat 27 Joer. Um Rand vun engem Seminaire sinn ech vun engem sowjeteschen Agent kontaktéiert ginn. Ech hunn direkt meng Bekannte vum SREL (Service de Renseignement de l’État du Luxembourg) benoriichtegt. Een Offizéier vum SREL, begleed vun engem Member vun der CIA, hunn sech op de Wee gemaach fir mech zu Wien ze treffen. Den Amerikaner huet mech drëms gebiede, virzegi mech vun de Sowjeten engagéieren ze loossen, mä awer vir si ze schaffen. Ech hat de Choix, mä hunn ouni ze zécken akzeptéiert. Mir waren do matzen am kale Krich. Aus Pflichtgefill wollt ech mengem Land an am weidere Sënn de Vereenegte Staaten an der NATO déngen. Ech hunn ni eng finanziell Entschiedegung fir meng erwisen Déngschter kritt. Fir mech ass et ëm en Engagement géint de Kommunismus an d’Sowjetunioun gaangen, an net géint Russland oder d’Russen.

War et geféierlech? 

Ech gi keng Kommentaren zu deem wat ech gemaach hunn.

Hutt Dir Iech am Januar 2009 fir eng Missioun genannt „Vampire“ weider verflicht? 

Nee, dat ass falsch. Am Kontext vun der Kris ëm de fréiere Premier Minister Jean-Claude Juncker goufen et Indiskretiounen am SREL, déi zou senger Chute bäigedroen hunn. Esou ass och meng Vergaangenheet opgedeckt ginn. Mä am Géigendeel zu deem wat d’Press zu deem Zäitpunkt ugedeit huet, sinn ech ni als Geheimagent reaktivéiert ginn. Ech ka soen, dass ech stolz drop sinn meng Flicht als Offizéier, während e puer Joer am Kale Krich, erfëllt ze hunn, mä ech hunn ni un der Geschicht ëm den Här Juncker deel geholl. 

Hutt Dir Iech un Ärer eegener Erfahrung inspiréiert, fir Äre lëtzebuergesche Kriminal-Roman, Helleg Muecht, ze schreiwen?

Nee (laachen). Ech preziséieren dass ech weder literarescht Talent nach Ambitioun hunn. Ech war iwwregens immens iwwerrascht, dass e Bicher-Verlag en am Joer 2001 verëffentlecht huet. Ech hunn e fir mech ofzelenken, aus purer Freed geschriwwen. D’Intrig spillt sech an de militäreschen, gouvernementalen a geeschtleche Milieue vu Lëtzebuerg of. Héich Würdenträger vun der Kierch sinn an engem internationale Reseau implizéiert. Ech hunn e mat mengem Pseudonym Fernand le Chartreux ënnerschriwwen, mäin Numm op franséisch iwwersat, ouni ideologeschen Zesummenhang mat de Karteisermönchen (laachen).

Sidd Dir gleeweg?

Jo, a Pratikant, och wann et mir schwéier fält, all Sonnden an d’Mass ze goen.

Monarchist? 

Jo, duerch an duerch.

Wat sinn Är Hobbyen? 

Ech léiere gäre Sproochen, studéiere Russesch a Latäin, liese Wierker iwwert Naturwëssenschafte, Physik an Astronomie. Mäin Haus zu Bascharage steet voll vu Bicher vun all Genre. Eng aner Leidenschaft, dëse Weekend ginn ech sécher an de Kino d’Saison 2014-15 vun de Ballets du Théâtre Bolchoï kucken.

Ah, Dir hutt Äre kommunistesche Feinden also verzien? 

Russland ass fräi vum Kommunismus. Ech hunn d’klassesch Musek gären an ech ginn oft op Concerten.

Sinn Är zwee Kanner och konservativ? 

Mäin Eelsten huet 22 Joer. Hie studéiert Droit zu Hamburg. Säi Brudder huet 20 Joer a studéiert Bio-Chimie zu Lübeck. Mir diskutéieren oft iwwer Politik, mä si sinn net engagéiert. Si hunn heiansdo ganz liberal Gespréicher, heiansdo esou guer staark lénks. Ech entdecken a profitéiere vun hiren Ideeë fir mech selwer erëm a Fro ze stellen.

Wann Dir an d’Regierung kommt, wat ass déi éischt Saach déi Dir wäert maachen? 

Ech géif Luxuriant Magazine eng enorm Subventioun bewëllegen (laachen)!