Sur l’échiquier politique du Grand-Duché, aucun parti d’extrême, ni de gauche ni de droite. Et c’est plutôt bon signe pour la santé économique et morale de notre petit territoire. Honnêtement, laissons à nos voisins les Le Pen, Bachmann ou Hofer vomir leurs idées nauséabondes sur les stigmates d’une crise financière qui s’éternise. Pendant ce temps, au Luxembourg, un homme, seul contre tous, semble vouloir jeter de l’huile sur le feu de la haine. À 63 ans, Pierre Peters rêve de faire raisonner le bruit de ses bottes brunes sur le parvis de la Chambre des députés. Il risque actuellement 38 mois de prison ferme pour avoir distribué, à deux reprises, des tracts xénophobes dans les boîtes aux lettres du Gutland. Même si l’ultranationaliste fortement controversé est haï par les uns et mis en quarantaine par les autres, j’ai, malgré tout, choisi de m’entretenir deux petites heures avec lui pour élucider les causes de sa rancœur. Entretien froid dans le dos avec l’agitateur qui revendique sa liberté d’expression et fantasme une patrie sans étranger.

 

Pourquoi avez-vous tenu à faire cette entrevue en présence de votre avocate ?

Je me méfie des journalistes. Maître Marguerite Biermann est là pour s’assurer que mes dires ne seront pas mal interprétés.

Et, j’imagine, éviter aussi que vous ne dérapiez trop ? Vous avez été beaucoup interviewé par les médias luxembourgeois ?

Non, ils refusent tous en bloc. C’est la première fois et je ne souhaite pas me louper. Je suis en instance d’appel pour une affaire judiciaire et je dois être très prudent quant aux subtilités de mes propos.

Comme de dire que « les étrangers ruinent votre pays » ?

Par exemple… Lors de l’été 2012, j’ai distribué des tracts à des agriculteurs pour leur proposer de les aider à remplir leur déclaration d’impôts. Le juge y a vu une incitation à la haine raciale, car je disais, dans mon texte, que les Luxembourgeois étaient les esclaves des étrangers. J’ai écopé de 30 mois de prison avec sursis. À l’époque, je n’avais pas d’avocat et je n’avais donc pas fait appel.

Vous vous sentez proche des fermiers et de la nature. D’ailleurs, votre mail est paerd@pt.lu (cheval@pt.lu) et vous posez même avec un âne sur votre site Internet. On peut connaître son petit nom ?

C’est Casimir, mon fidèle ami. J’aime la nature, les chevaux, les chiens, les animaux. J’en ai pleins derrière chez moi, dans mes terrains, des vaches, des moutons… Avant, on pouvait encore s’offrir des champs, aujourd’hui, c’est impossible. Bien trop cher. L’immigration, cette masse d’étrangers, a des conséquences négatives sur nos terres, nos structures routières, etc. Trop de voitures qui circulent, trop de maisons construites. Nos dirigeants, l’Union Européenne et les organisations pro-immigration, comme l’ASTI, n’arrêtent pas de nous dire que les étrangers sont une chance et une richesse pour le Luxembourg. Ils veulent atteindre le million de résidents. J’aimerais que l’on m’explique (il hausse le ton et s’énerve) !

Ok, on se détend et on garde son calme.

Mais ça me met hors de moi et les journaux vont encore écrire que je suis raciste.

Parce que vous ne l’êtes pas ?

Bien sûr que non. Si le Luxembourg comptait 15 % d’étrangers et non 50 %, cela ne me dérangerait pas.

Malgré votre condamnation en 2012, vous avez quand même choisi de récidiver en octobre 2015, avec la distribution de nouveaux dépliants xénophobes ?

L’immigration au Luxembourg ne cesse d’empirer. Nous, les Luxembourgeois, sommes pratiquement en minorité sur notre propre territoire. Nous ne sommes presque plus un peuple et bientôt plus une nation. Les étrangers et les frontaliers détruisent notre patrimoine. J’ai envoyé des tracts, l’année dernière, à tous les postes de police du Luxembourg pour tirer la sonnette d’alarme. Le tribunal a mal interprété mes dires et m’a accusé de xénophobie.

Vous risquez gros ?

Les juges se sont penchés sur l’article 451-7 du code pénal qui sanctionne l’incitation à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne, physique ou morale, d’un groupe ou d’une communauté. Ils m’ont condamné, suite à mon sursis, à 38 mois de prison ferme. Je vais être privé de liberté pour mon combat pacifique, simplement parce que je dénonce cette odieuse politique de forte immigration.

Vous avez peur d’être incarcéré ?

Évidemment. Je me réveille la nuit en sueur. Une vraie torture. J’ai du mal à m’imaginer enfermé, moi qui aime tant les grands espaces.

Avant ce premier jugement votre casier était-il vierge ?

Oui, je n’ai jamais rien eu, même pas une contravention pour excès de vitesse.

Pourquoi avez-vous déménagé de Tétange ?

J’ai travaillé plus de 33 ans à l’ARBED à Differdange. J’ai quitté le sud pour le nord, à Arsdorf, car quand je vais dans un magasin ou dans un café, j’ai envie que l’on me parle en luxembourgeois, ma langue maternelle.

Quelles seraient vos solutions ?

J’ai débuté mon combat contre la destruction de ce pays il y a presque 40 ans. J’en ai 63 à présent. Le mal est fait, mais si je suis dans le faux, pourquoi les résultats du référendum contre le vote des étrangers ont atteint plus de 80 % ?

Vous avez débouché une bouteille de champagne pour fêter cette victoire ?

Oui, mais c’est déjà trop tard et parce que j’ose l’affirmer, la presse me traite de nazi, de fasciste, d’homme dangereux.

Dangereux ? Vous avez un pistolet sur vous ?

Je n’ai plus droit à rien. Le Gouvernement m’a retiré mon permis de port d’armes. J’avais toujours sur moi mon couteau de plongée. Je suis instructeur avec un brevet de moniteur fédéral 2e degré (MF2). J’ai dû le rendre. Idem pour mon permis de chasse, on me l’a retiré. Le Gouvernement s’acharne contre moi, simplement parce que j’ai le courage de mes opinions. Dans le même registre, je cherche depuis deux ans à devenir avocat, mais on me met des bâtons dans les roues. Et pourtant, j’ai tous mes certificats. J’ai fait mes études sur le tard à la faculté de droit de Metz. Je suis curieux, j’ai toujours envie d’apprendre.

On ne vous aime pas beaucoup ?

Avant, je pouvais prendre des douches à l’auberge de jeunesse de Lulzhausen, quand j’allais plonger dans le lac d’Esch-sur-Sûre. On me l’a interdit à cause de mes opinions. La dernière fois, dans une pizzeria, on a carrément refusé de me servir à manger.

Demandez un passe-droit au Grand-Duc !

Je ne veux rien avoir à faire avec ce monsieur. Je suis contre la monarchie. De plus, la famille grand-ducale n’est bonne qu’à faire de la propagande pour Bruxelles, le traité de Maastricht et l’accord de Schengen. Toutes ces aberrations détruisent depuis bien trop longtemps nos terres. On ne peut pas dire que c’est une famille luxembourgeoise qui défend le Luxembourg. Ce sont des traîtres ! C’est une dictature (il s’emporte et son avocate le calme) !

Pourquoi n’entrez-vous pas en politique pour assumer votre discours ?

Je ne le souhaite plus. J’avais cofondé, en 1987, le National Bewegong (NDLR un parti luxembourgeois d’extrême droite). Je suis fier d’être Luxembourgeois et je demande simplement un débat sur la place publique. Je ne m’inscris ni à gauche ni à droite, mais contre l’ultralibéralisme. Contre l’oppression des riches qui exploitent les pauvres. Contre le secret bancaire et tout ce système qui n’est même pas la propriété des Luxembourgeois. Idem pour cette main d’œuvre bon marché, qui provient de l’immigration. Ces étrangers ne s’intègrent pas. Il s’agit d’un État dans un État. Je m’intéresse aux questions d’identité et de priorité nationale.

Si j’ai bien compris, vous prônez un mélange de nationalisme et de socialisme ?

Voilà !

Ok, cette doctrine se nomme nazisme (national-socialisme). CQFD. J’en ai assez entendu. Au revoir.

Au revoir !

 

Um politesche Schachbriet vum Grand-Duché, weder eng extrem lénks, nach eng extrem riets Partei. Dëst ass éischter e gutt Zeeche fir déi economesch a moralesch Gesondheet vun eisem klenge Land. Éierlech, loosse mir eisen Noperen hire Le Pen, Bachmann oder Hofer mat hiren ofstoussenden Ideeën iwwer d’Stigmata vun enger éiweger Finanzkris. Während deem, a Lëtzebuerg, e Mann eleng géint se all, schéngt wëllen Ueleg an d’Feier vum Haass ze geheien. Mat 63 Joer dreemt den Pierre Peters dovun, seng brong Stiwwelen op dem Parvis vun der Chamber ze héieren. Momentan riskéiert hien 38 Méint feste Prisong, well hien zwee mol auslännerfeindlech Fluchblieder an d’Breifkëschte vum Guttland verdeelt huet. Obwuel dee staark ëmstriddenen Ultranationalist vun deenen enge gehaasst a vun deenen aneren ënner Quarantän gesat gëtt, hunn ech mech trotz allem dozou entscheed mech zwou kleng Stonne mat him ze ënnerhale fir d’Grënn vu senger Roserei opzeklären. Entretien mat Schudderen am Réck mam Agitateur dee seng Expressioun’s Fräiheet fuerdert a vun enger Heemecht ouni Auslänner dreemt.

 

Firwat hutt Dir dorop gehalen dësen Interview a Präsenz vun Ärem Affekot ze maachen?

Ech mësstrauen de Journalisten. Maître Marguerite Biermann ass do fir sécher ze goen, dass meng Aussoen net falsch interpretéiert ginn.

An ech ka mir virstellen, och fir ze evitéieren, dass Dir ze vill ofschweift? Sidd Dir vill vun de lëtzebuerger Medien interviewt ginn?

Nee, si refuséieren all en bloc. Dëst ass déi éischte Kéier an ech hoffen et net ze vermasselen. Ech sinn am Berufungsverfahren an enger Geriichtsaffär an ech muss virsiichteg sinn wat d’Subtilitéit vu mengen Äusserungen ugeet.

Esou wei ze soen, dass „d’Auslänner Äert Land ruinéieren“?

Zum Beispill… Während dem Summer 2012, hunn ech de Bauere Fluchblieder ausgedeelt, fir hinnen ze hëllefen, hir Steiererklärung auszefëllen. De Riichter huet doran eng Incitatioun zum Rassismus gesinn, well ech a mengem Text geschriwwen hunn, dass d’Lëtzebuerger d’Sklave vun den Auslänner wieren. Ech krut 30 Méint Prisong mat Sursis. Zu där Zäit hat ech nach keen Affekot an sinn do net an Appell gaangen.

Dir fillt Iech de Baueren an der Natur ganz no. Iwwregens ass Är Email Adress paerd@pt.lu an Dir poséiert esou guer mat engem Iesel op Ärem Internet Site. Däerfe mir säin Numm erfueren?

Dat ass de Casimir, mäin treie Frënd. Ech si frou mat der Natur, de Päerd, den Hënn, den Déieren. Ech hunn alles voll hannert mengem Haus op mengen Terrainen, Kéi, Schof… Fréier konnt een sech nach Terrain leeschten, haut ass dat net méi méiglech. Vill ze deier. D’Immigratioun, déi Mass un Auslänner hunn negativ Konsequenzen op eis Lännereien, eist Stroossennetz, asw. Et zirkuléiere vill ze vill Autoen, et gi vill ze vill Haiser gebaut. Eis Dirigenten, d’Europäesch Unioun a pro-Immigratiouns Organisatiounen ewéi d’ASTI, halen net op eis ze soen, dass d’Auslänner eng Chance an e Räichtum fir Lëtzebuerg sinn. Si wëllen op eng Millioun Awunner kommen. Dat soll ee mer mol erklären (hieft d’Stemm a reegt sech op)!

OK, mir entspanen a berouegen eis.

Mä ech sinn ausser mir an d’Journaliste wäerten alt rëm schreiwen ech wär e Rassist.

Well Dir et net sidd?

Natierlech net. Géif Lëtzebuerg nëmme 15% Auslänner zielen an net 50%, da géif mech dat och net steieren.

Trotz Ärer Veruerteelung 2012, hutt Dir Iech awer dofir entscheed am Oktober 2015 mat der Verdeelung vu xenophobe Fluchblieder zeréck ze kommen?

D’Immigratioun a Lëtzebuerg gëtt ëmmer schlëmmer. Mir Lëtzebuerger si praktesch op eisem eegenen Territoire an der Minoritéit. Mir si scho bal kee Vollek a geschwënn och keng Natioun méi. D’Auslänner an d’Frontalieren zerstéieren eise Patrimoine. Dat lescht Joer hunn ech Fluchblieder un  all d’Poste vun der Police vu Lëtzebuerg geschéckt, fir Alarm ze schloen. D’Gericht huet meng Aussoe falsch interpretéiert a mech der Xenophobie beschëllegt.

Riskéiert Dir vill?

D’Riichteren hu sech op den Artikel 451-7 vum Code Pénal beruff, deen d’Incitatioun zum Haass oder Gewalt géigeniwwer enger Persoun, physesch oder moralesch, enger Grupp oder eng Communautéit, sanktionéiert. Si hu mech zu 38 Méint festem Prisong veruerteelt. Et hellt een mir d’Fräiheet wéinst mengem friddleche Kampf, nëmme well ech déi abscheilech Immigratiouns Politik uprangeren.

Hutt Dir Angscht an de Prisong ze kommen?

Natierlech. Ech erwächen Nuets naass geschweest. Eng richteg Qual. Ech ka mir mech schlecht agespaart virstellen, ech, dee grad grouss Espace gär huet.

War Äre Casier eidel virun dësem éischten Uerteel?

Jo, ech hu ni eppes gehat, mol kee Strofziedel wéinst ze héijer Vitesse.

Firwat sidd Dir vun Téiteng fort geplënnert?

Ech hunn iwwer 33 Joer bei der ARBED zu Déifferdeng geschafft. Ech hunn de Süde fir den Norde verlooss, op Uerschdref, well wann ech an e Geschäft oder an e Café ginn, dann hätt ech gär dass een mat mir op lëtzebuergesch schwätzt, a menger Mammesprooch.

Wat wären Är Léisungen?

Ech hu mäi Kampf géint d’Zerstéierung vun dësem Land viru bal 40 Joer ugefangen. Ech sinn der lo 63. Wat geschitt ass, ass geschitt, mä wann ech am Onrecht sinn, firwat hunn d’Resultater vum Referendum géint d’Wahlrecht vun den Auslänner méi ewéi 80% erreecht?

Hutt Dir eng Fläsch Schampes opgemaach fir des Victoire ze feieren?

Jo, mä et ass schonn ze spéit a well ech mech trauen dat ze behaapten, behandelt d’Presse mech ewéi e Nazi, e Faschist, e geféierleche Mënsch.

Geféierlech? Hutt Dir eng Waff bei Iech?

Ech hunn d’Recht op guer näischt méi. D’Regierung huet mir mäi Waffeschäin ofgeholl. Ech hat ëmmer mäin Tauchermesser bei mir. Ech sinn Instrukter mat engem Brevet Fédéral 2e degré (MF2). Ech hunn dee missen ofginn. Idem fir mäi Juegdschäin, deen hunn se mir ofgeholl. D’Regierung verfollegt mech, nëmme well ech de Mutt hunn meng Meenung ze soen. An deem nämmlechte Register probéieren ech säit zwee Joer Affekot ze ginn, mä et leet een mir Steng an de Wee. An dobäi hunn ech all meng Certificaten. Ech hu meng Etude méi spéit op der Faculté de Droit zu Metz gemaach. Ech si virwëtzeg an hunn ëmmer Loscht eppes neies ze leieren.

 Et ass een net sou frou mat Iech?

Fréier konnt ech, wei ech zu Esch-Sauer an de Stau tauche gaange sinn, meng Dusch an der Jugendherberg zu Lëlz huelen. Dat hunn se mir verbuede wéinst menger Meenungs-Usiicht. Déi leschte Kéier hunn se an enger Pizzeria sech geweigert, mir eppes ze Iessen ze servéieren.

Frot eng ongerechtfäerdegt Vergënschtegung beim Grand-Duc un!

Ech well näischt mat deem Här ze dinn hunn. Ech si géint d’Monarchie. Souwisou ass déi groussherzoglech Famill nëmme gutt fir Propaganda fir Bréissel, den Traité vu Maastricht an den Accord de Schengen ze maachen. All déi Onsënnegkeete zerstéiere scho säit laanger Zäit eis Lännereien. Et kann een net behaapten et wier eng lëtzebuerger Famill déi Lëtzebuerg verteidegt. Et si Verräter! Et ass eng Diktatur (reecht sech op a seng Affekotin berouegt hien)!

Firwat gitt Dir net an d’Politik fir Ären Discours ze assuméieren?

Ech well dat net méi. Ech war 1987 Matgrënner vun der Nationaler Bewegung (NDLR eng lëtzebuerger extrem-riets Partei). Ech sinn houfreg Lëtzebuerger ze sinn a froen nëmmen een einfachen Debat an der Ëffentlechkeet. Ech schreiwe mech weder Lénks nach Riets an, mä sinn géint den Ultraliberalismus. Géint d’Ënnerdréckung vun deene Räichen déi di Arem ausbeuten. Géint d’Bankegeheimnis an dee ganze System dee mol net d’Proprietéit vun de Lëtzebuerger ass. Idem fir d’bëlleg Aarbechtskraaft, déi vun der Immigratioun hir kennt. Déi Auslänner integréieren sech net. Et handelt sech ëm ee Staat an engem Staat. Ech intresséiere mech fir d’Froe vun der Identitéit an vun der nationaler Prioritéit.

Wann ech richteg verstanen hunn, dann empfehlt Dir eng Mëschung aus Nationalismus a Sozialismus?

Voilà!

OK, des Doctrine nennt een Nazismus (National-Sozialismus). CQFD. Ech hu genuch héieren. Äddi.

Äddi!