Mail reçu de la délicieuse Tanja de Jager : « Nous avons le grand plaisir de vous convier le 17 novembre à 12h00 à un déjeuner dégustation au cours duquel nous aurons l’immense joie de vous présenter le ‘Charlotte’ nouveau bar-gastronomique situé en plein centre-ville, 17b, rue de Bains. »

Rue des Bains.  Rue des Bains. Rue des Bains.

Tout noctambule luxembourgeois a vécu quelque chose rue des Bains. En bon nyctalope, j’y ai d’abord découvert le Bugatti, mythique club aux teintures rougeoyantes, qui sentait bon le cigare, le champagne et la bourgeoise esseulée en quête de frivoles éphèbes. Un excellent compromis de mes désirs de jeune adulte.

« In the beginning there was Jacques and Jacques had the groove ». Mais ça, c’était avant. C’était  une époque flamboyante où la rue des Bains était l’épicentre de nos nuits, où nous dansions au White, où nous croisions Jacques Engel et sa bonhommie légendaire. Puis vint le temps du White House, l’endroit où il fallait être vu mais où nous allions en nous cachant, si jamais nous devions y aller. En lieu et place de cette endroit interlope s’est donc ouvert le dénommé Charlotte. C’est peu dire si je me rendis à l’invitation de Tanja (Dipso) en reculant, voire en dansant le Moonwalk dans la rue des Bains !

Première bonne surprise : la décoration ! Les couleurs sont chaleureuses, relaxantes. Un immense portrait de la Grande-Duchesse (d’où le nom du lieu) trône fièrement au-dessus du bar. Il faut admettre que ce premier sentiment est positif : je suis prêt à me laisser séduire.

Bien évidemment au regard du passé sulfureux du lieu, se lancer dans un restaurant sans un chef digne de ce nom aurait été un suicide commercial. Tanja et Patrick n’étant pas des débutants, ils ont eu l’excellente idée de demander à Jan Schneidewind (L’Atelier du Windsor, le B13) de prendre en main la destinée gastronomique de ce lieu. Etant un grand fan de sa cuisine, je vais être peu objectif mais peu importe. Si vous êtes toujours en train de lire, c’est que vous êtes prêt à accepter ma subjectivité !

La carte est simple et faite pour diner (le lieu n’ouvre que le soir pour le moment) légèrement, avec plaisir et sans se ruiner ! Car là est la deuxième bonne surprise : les prix sont totalement abordables ce qui est si rare dans le centre de Luxembourg qu’il est nécessaire de le noter.

Un assortiment de fingerfoods présentés dans de ravissantes coupelles dont le design unique apporte une touche luxueuse permet de se mettre en appétit ou de se caler en sirotant son verre. On retiendra les déclinaisons de macarons au foie gras, la salade « pur bœuf » façon thaï ou la variation de Dim Sum. Nous avons eu la chance de déguster un œuf poché au caviar dont Claude Neu pourrait se délecter chaque matin au petit-déjeuner, c’est lui qui le dit!

Entre autres sélections de plats comme le Tartare de Bœuf « pur race limousin », la convivialité se retrouve  surtout dans la formule fondue chinoise aka « Hot Pot à partager » qui est une excellente idée pour sortir des sentiers battus et des choses vues et revues dans les bars gastronomiques (faut-il continuer à mettre des burgers partout et à tout ???). Le choix entre bœuf, poulet, Saint-Jacques ou Black Tiger ou légumes permet de ne pas oublier nos amis veggans (si toutefois ils acceptent de cuire leurs légumes dans un bouillon « souillé » de matière animale !).

C’est donc la bonne surprise de l’automne, l’endroit où on ne voulait pas forcément aller et dans lequel on retournera très vite. Et sans reculer cette fois. Mickaël Jackson peut reposer en paix.

Charlotte, 17B rue des Bains, Luxembourg (charlotteluxembourg.com). Ouvert tous les jours de 17h à 1h, 3h le we. Fermé le lundi.