J’ai passé un petit coup de fil à Roméo Elvis, histoire de patienter avant son concert, le vendredi 17 novembre, à la Rockhal, lors du festival Sonic Visions. Et comme le dit si bien le rappeur belge de 24 ans qui affole le public francophone : Bruxelles arrive !

 

Comment se passe ta nouvelle vie depuis ta toute récente notoriété ?

 Déjà, je ne travaille plus chez Carrefour. Je gagne de l’argent et je vis enfin de ma musique. Cependant, même si j’ai accès à plein de cadeaux de marques ou d’autres trucs chouettes, je perçois un peu mon succès comme un cadeau empoisonné. Par exemple, je ne peux plus aller boire un coup, tranquille, avec mes amis dans le bar en bas de chez moi. Une contrebalance pas si avantageuse.

 

La réussite te prive de nombreuses libertés ?

 Je n’ai plus la possibilité de me prononcer librement. Je dois faire attention à ma nouvelle image que je ne contrôle pas complètement. Si je balance un truc anodin en soirée, très rapidement, mes propos vont circuler sur les réseaux, être déformé et engendrer un buzz, bon ou mauvais.

 

Et la plus belle surprise depuis que tu es célèbre ?

 Ma collaboration, via la Red Bull Music Academy, avec The Alchemist sur la mixtape Paris L.A. Bruxelles. Encore l’année dernière, je n’aurai jamais imaginé avoir la chance de poser sur les instrus d’un des meilleurs producteurs américain. De plus, le mec était méga sympa et vraiment abordable. Cette collaboration va au delà du rêve, au delà du concret.

 

La scène hip-hop belge est-elle solidaire ?

 Bien sûr, nous sommes une même équipe. Avec L’Or du Commun, Caballero & JeanJass, Le Motel et les autres, nous nous mettons tous bien. Nous produisons notre rap à nous, différemment, sans nous soucier du reste.

 

Ni de votre street crédibilité ?

 Cette espèce d’attitude est un reflexe que l’on retrouve davantage dans le rap que dans la pop ou la techno. Honnêtement, je ne me sens pas hyper concerné par le sujet. Chacun le montre à sa façon, moi c’est sur scène, intense, rock’n’roll. Je suis un vrai thug en live (rires).

 

Aujourd’hui, les cheveux longs sont-ils obligatoires dans le game ?

 Pas du tout, j’ai toujours eu cette coupe. Tu sais, ils poussent tout seul. Ensuite, j’imagine que la mode a débuté avec PNL.

 

J’ai entendu dire que les Marseillais ont commencé à se laisser pousser les cheveux pour se ressembler et s’échanger les cartes d’identité en cas de contrôle de police. Mais passons, tu es déjà venu cinq fois au Grand-Duché. Que penses-tu de ta fan base luxembourgeoise ?

 Elle est très accueillante, quoi qu’un peu moins branchée humour que nous (rires).